Affaire Kiki Lanlaire : Le Cercle des Médias Unis porte plainte
2026-08-12 14:12:00
Réuni en point de presse ce 11 août 2026, le collectif dirigé par Kevin Yussef Mebalet a annoncé une plainte contre Ange Landry Mbeng, alias Kiki Lanlaire, dénonçant une série d’accusations qu’il juge diffamatoires et dangereuses pour la stabilité du pays.
Le ton était offensif, presque solennel. Face aux déclarations et publications attribuées à Kiki Lanlaire et à ses relais, le Cercle des Médias Unis parle d’une véritable « campagne de haine ». Les accusations évoquées , suspension supposée d’Internet, versement de 98,4 millions de francs CFA, atteintes à la vie privée du chef de l’État et de son épouse ou encore mobilisation présumée de 20 milliards de francs CFA pour une tournée africaine sont balayées par Kevin Yussef Mebalet, qui réclame des preuves plutôt que des affirmations. Pour le président du collectif, la critique politique reste légitime, mais elle ne saurait se transformer en une succession d’allégations présentées comme des vérités établies.
Au cœur de cette sortie médiatique, une question : jusqu’où peut aller la liberté d’expression ? Pour le Cercle, la réponse est claire. Critiquer le pouvoir n’est pas interdit, mais l’injure, la diffamation et les attaques personnelles ne sauraient être couvertes par le principe de liberté d’expression. Le collectif s’est notamment indigné des propos visant la famille du président de la République, allant jusqu’à dénoncer une instrumentalisation du deuil de Sophie Ada Obiang, mère du chef de l’État. Une ligne rouge que ses membres estiment avoir été franchie.
La riposte annoncée se veut désormais judiciaire. Le Cercle des Médias Unis affirme avoir décidé de porter plainte contre Kiki Lanlaire pour diffamation, outrage à chef d’État et atteinte à la dignité. Dans le même élan, le collectif interpelle les autorités françaises, estimant que certaines prises de parole sont réalisées depuis la France et pourraient, selon lui, affecter les relations entre Libreville et Paris. Une démarche qui donne à cette confrontation médiatique une dimension désormais politique et judiciaire, au moment où le Gabon cherche à installer les repères de sa Ve République.
Derrière cette offensive, le Cercle entend surtout défendre le récit d’un Gabon en reconstruction. Kevin Yussef Mebalet met en avant les acquis de la Transition, le dialogue national, le retour d’exilés et les chantiers engagés dans le pays, tout en appelant les Gabonais à ne pas céder aux polémiques. Mais au-delà de la communication politique, cette affaire rappelle une réalité incontournable : dans une République qui se veut fondée sur le droit, les accusations doivent pouvoir être confrontées aux faits et les critiques aux règles de la justice. Le bras de fer entre le Cercle des Médias Unis et Kiki Lanlaire ne fait donc que commencer. Et cette fois, c’est devant les juridictions que les protagonistes pourraient devoir s’expliquer.