Commerce extérieur : Séoul s’installe en numéro 2 au Gabon, reléguant la Chine au 3e rang



2026-03-23 16:35:00

Selon les dernières analyses de Coface, le paysage commercial du Gabon connaît une recomposition silencieuse mais stratégique. Derrière la stabilité apparente des flux, de nouveaux partenaires émergent, traduisant les mutations structurelles d’une économie en quête de diversification.



La hiérarchie des partenaires commerciaux du Gabon évolue à mesure que ses besoins économiques se transforment. Si l’Europe demeure le premier fournisseur avec 25 % des parts de marché, l’irruption de la Corée du Sud au deuxième rang des importations, avec 12 %, marque un tournant. Séoul devance désormais la Chine (11 %) et les États-Unis (7 %), confirmant un repositionnement vers des partenaires capables d’accompagner la montée en gamme industrielle du pays.

Cette progression sud-coréenne n’est pas anodine. Elle reflète une demande accrue en biens d’équipement, en technologies industrielles et en solutions d’ingénierie, essentielles à la modernisation des infrastructures gabonaises. Dans un contexte de relance des investissements publics, notamment dans les secteurs portuaire, routier et énergétique, le profil technologique des importations devient un indicateur clé de transformation économique.

En parallèle, la structure des exportations reste dominée par une forte dépendance aux ressources extractives. Le pétrole représente encore 67 % des ventes extérieures, consolidant une vulnérabilité structurelle face aux chocs exogènes. La Chine, principal client avec 28 % des exportations, confirme son rôle pivot, devant l’Europe (20 %) et les marchés asiatiques émergents comme la Malaisie (9 %) et l’Indonésie (7 %).

Toutefois, les signaux macroéconomiques appellent à la prudence. L’érosion progressive de l’excédent du compte courant, combinée à une hausse soutenue des importations liée aux grands projets structurants, fragilise les équilibres extérieurs. Les réserves de change pourraient descendre sous le seuil critique de trois mois d’importations en 2026, accentuant les tensions de liquidité dans un environnement marqué par un endettement supérieur à 70 % du PIB.

Face à ces défis, le Gabon amorce une stratégie de diversification à la fois économique et diplomatique. Le développement de filières alternatives manganèse, bois transformé, fer de Baniaka s’inscrit dans une logique de réduction de la dépendance pétrolière. Parallèlement, Libreville renforce ses partenariats avec des puissances économiques complémentaires, cherchant à bâtir une économie de transformation capable de répondre aux enjeux sociaux, notamment un chômage des jeunes toujours élevé.