Conseil des ministres du 18 septembre : Les grandes décisions à retenir



2026-09-19 09:57:00

Réuni le vendredi 18 septembre 2026 à Port-Gentil, sous la Présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, le Conseil des ministres a adopté plusieurs textes et orientations qui touchent directement à l’économie, aux infrastructures, aux transports, aux finances publiques, au numérique et au développement de l’Ogooué-Maritime.



Le Gouvernement a adopté le projet de loi de finances pour l’exercice 2027. Celui-ci prévoit un budget de 6 223,1 milliards de FCFA, contre 5 495,2 milliards dans la loi de finances rectificative 2026, soit une progression de 727,9 milliards de FCFA.

Ce cadrage repose notamment sur une hypothèse de croissance de 4,5 %, soutenue à la fois par les activités hors pétrole et par le secteur pétrolier. À travers cette programmation, l’exécutif entend accélérer la mise en œuvre du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030, avec un accent particulier sur les infrastructures et la transformation locale des ressources naturelles.

La Compagnie Nationale de Transport annoncée

Autre chantier majeur : la création de la Compagnie Nationale de Transport (CNT). Le Conseil des ministres a adopté le projet de loi portant création, attributions et organisation de cette nouvelle société d’État.

La CNT aura notamment pour mission d’assurer le transport urbain et interurbain des personnes et des marchandises. Elle sera également appelée à intervenir dans la gestion des gares routières et des pôles d’échanges multimodaux, la location de matériels de transport ainsi que la formation professionnelle aux métiers du secteur.

À travers cette nouvelle structure, le Gouvernement entend poser les bases d’une réorganisation du transport public au Gabon.

Port-Gentil au centre d’un plan de relance de 30 milliards de FCFA

Le choix de Port-Gentil pour accueillir ce Conseil des ministres n’est pas anodin. La relance économique de l’Ogooué-Maritime figure parmi les principales annonces de la session.

Un effort prévisionnel de 30 milliards de FCFA est annoncé pour accompagner plusieurs projets dans la province. Dans le détail, 7 milliards devraient être apportés par l’État, 11 milliards mobilisés à travers les mécanismes PID-PIH de Perenco et 12 milliards par TotalEnergies.

Les financements annoncés doivent notamment contribuer à la réhabilitation de la voirie, à la modernisation urbaine, à l’amélioration de l’accès à l’eau et à l’électricité, aux marchés, aux infrastructures sanitaires et aux logements.

La réhabilitation de la Foire de Port-Gentil ainsi que la construction de l’Université Pierre-Louis Agondjo Okawé figurent également parmi les projets annoncés.

Selon le communiqué du Conseil des ministres, ce programme pourrait contribuer à la création d’environ 7 000 emplois directs et indirects dans la capitale économique.

L’industrie locale au cœur des ambitions gouvernementales

Le Gouvernement veut également accélérer la transformation locale des ressources et attirer davantage d’investissements industriels.

Dans ce cadre, l’installation de Maboumine pour l’exploitation des terres rares à Ozouri devrait être accompagnée par les pouvoirs publics, avec un accent annoncé sur le respect des normes environnementales, le contenu local et la prise en compte des intérêts des communautés riveraines.

À Port-Gentil, l’investissement de Foberd constitue également l’un des projets industriels mis en avant. Une usine consacrée à la fabrication de fer à béton, d’acier et de produits dérivés doit ainsi renforcer les capacités de production locale. L’unité devrait générer 200 emplois directs et 300 emplois indirects.

Le Gabon accélère sur le numérique

La transformation numérique figure également parmi les priorités affichées lors de cette session.

Le Conseil des ministres a adopté un projet de décret fixant les modalités de délivrance du certificat qualifié de signature électronique et encadrant plusieurs autres services de confiance numérique.

Le dispositif concerne notamment la signature et le cachet électroniques, l’authentification des sites internet, le timbre électronique, la facture électronique normalisée ou encore le visa électronique.

L’ambition affichée est de renforcer la sécurité des échanges numériques et de consolider leur valeur juridique, alors que l’administration et l’économie gabonaises poursuivent leur transition vers davantage de services dématérialisés.

Dans le même registre, le Gabon souhaite accueillir à Libreville une réunion préparatoire africaine en prélude à la Conférence de Plénipotentiaires de l’Union internationale des télécommunications. La gouvernance de l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques, l’inclusion digitale et les technologies émergentes devraient notamment être au centre des échanges.

Éducation, justice, décentralisation et santé également au menu

Le Conseil des ministres a par ailleurs adopté plusieurs textes concernant l’éducation, la justice, la décentralisation et la santé.

Dans le secteur éducatif, un projet de décret relatif à la prime d’éloignement des personnels de l’éducation a notamment été adopté. Le texte vise à mieux encadrer les conditions d’attribution de cette prime et à favoriser le maintien des personnels dans les zones présentant des contraintes particulières.

Le secteur sanitaire a également été concerné par plusieurs nominations à la tête d’établissements hospitaliers, notamment au CHU d’Owendo et au Centre Hospitalier Mère et Enfant Fondation Jeanne Ebori.

Un Conseil des ministres placé sous le signe de la relance

À travers les différentes mesures adoptées, le Conseil des ministres du 18 septembre dessine une feuille de route largement tournée vers l’investissement, les infrastructures et la transformation de l’économie.

Le Gouvernement affiche ainsi plusieurs priorités : soutenir la croissance, développer les infrastructures, favoriser la transformation locale des ressources, réorganiser certains services publics et accélérer la digitalisation.

Mais au-delà des annonces nationales, cette session tenue à Port-Gentil aura surtout mis en lumière la volonté affichée de donner un nouvel élan à l’Ogooué-Maritime. Avec un programme annoncé à 30 milliards de FCFA et plusieurs projets industriels, urbains, sanitaires et universitaires, la province est appelée à occuper une place importante dans cette dynamique de relance.

Reste désormais l’étape décisive de la mise en œuvre. Car au-delà des montants annoncés et des textes adoptés, c’est leur traduction concrète sur le terrain qui permettra de mesurer la portée réelle des décisions prises lors de ce Conseil des ministres.