Crise de Mouila : le ministre de la Justice appelle les magistrats à la retenue
2026-05-20 09:15:00
Face aux tensions entre magistrats, OPJ et agents pénitentiaires à Mouila, le ministre de la Justice Augustin Emane hausse le ton et n’exclut pas une saisine du Conseil supérieur de la magistrature.
Le climat reste particulièrement tendu au sein de l’appareil judiciaire gabonais après les incidents survenus à Mouila, dans la province de la Ngounié. Pour tenter d’apaiser la situation, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux et chargé des Droits humains, Augustin Emane, a réuni le 18 mai 2026 le bureau du Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag).
À l’origine de cette rencontre, des tensions persistantes entre magistrats, officiers de police judiciaire (OPJ) et agents de la sécurité pénitentiaire, sur fond de désaccords dans la gestion de certaines procédures judiciaires. Une situation qui a pris une tournure publique après un communiqué du Synamag en date du 13 mai, sollicitant l’arbitrage du président de la République.
Lors de cette réunion de cadrage, Augustin Emane n’a pas caché son agacement. Il a reproché au syndicat un manque de rigueur dans la vérification des faits avant toute prise de parole publique, estimant que certaines déclarations ont contribué à amplifier les tensions. Pour le ministre, cette démarche apparaît d’autant plus prématurée que les conclusions des enquêtes menées par l’Inspection générale des services judiciaires et celle de la sécurité pénitentiaire sont toujours attendues.
Le garde des Sceaux a également pointé certaines décisions prises localement, notamment la suspension des unités de recherches par le procureur de la République près le tribunal de Mouila, qu’il juge de nature à perturber le bon fonctionnement de la justice.
Face à la gravité de la situation, le ton s’est durci. Le ministre a annoncé que le Conseil supérieur de la magistrature pourrait être saisi afin d’établir les responsabilités individuelles et d’envisager d’éventuelles sanctions disciplinaires contre les acteurs impliqués.
Au-delà de la gestion immédiate de cette crise, Augustin Emane a appelé les magistrats à faire preuve de retenue, de responsabilité et de tempérance dans l’exercice de leurs fonctions. Il a insisté sur la ضرورة de préserver la sérénité et la crédibilité de l’institution judiciaire, dans un contexte déjà marqué par des tensions internes.
Cette affaire met en lumière des dysfonctionnements plus profonds au sein de la justice gabonaise, notamment des conflits de compétences et une défiance croissante entre les différents corps de la chaîne judiciaire. Dans ce contexte, la décision à venir du Conseil supérieur de la magistrature est très attendue, tant par les professionnels du secteur que par l’opinion publique, alors que les enjeux de réforme et de crédibilité restent majeurs sous la Vème République.