Gab-Pêche : Hermann Immongault exige un plan d’urgence face aux dysfonctionnements



2026-05-21 13:06:00

Lancé pour réduire la vie chère et restructurer la pêche artisanale, le programme Gab-Pêche traverse une phase critique. Face aux défaillances constatées, le vice-président du gouvernement Hermann Immongault réclame un plan d’action immédiat et annonce une possible saisine de l’Agence judiciaire de l’État.



Le gouvernement gabonais hausse le ton face aux difficultés rencontrées dans le programme Gab-Pêche. Le mercredi 20 mai, Hermann Immongault a présidé une séance de travail avec Aimé Martial Massamba afin d’évaluer sans complaisance l’état d’avancement de cette initiative lancée en août 2025 sous l’impulsion du président de la République. Présenté comme un outil stratégique de lutte contre la vie chère, Gab-Pêche devait permettre à la fois de restructurer la pêche artisanale maritime, de favoriser la gabonisation du secteur et d’assurer un approvisionnement régulier du marché de Libreville en poisson frais à des prix accessibles. Mais le passage à la phase d’exploitation en 2026 a révélé, selon les autorités, d’importants dysfonctionnements structurels, opérationnels, financiers et juridiques.

Face à cette situation, Hermann Immongault affirme avoir rappelé fermement les instructions du chef de l’État concernant la nécessité d’obtenir des résultats visibles pour les populations. Pour l’exécutif, les difficultés observées privent aujourd’hui les Gabonais des bénéfices attendus d’un programme pourtant considéré comme prioritaire dans la stratégie gouvernementale de lutte contre la vie chère. Le vice-président du gouvernement a ainsi exigé du ministère de tutelle la présentation immédiate d’un plan d’action urgent accompagné d’un chronogramme strict destiné à corriger les défaillances identifiées. Il a également annoncé une prochaine saisine de l’Agence Judiciaire de l’État, laissant entrevoir d’éventuelles investigations administratives ou juridiques sur la gestion du programme.

Malgré ces difficultés, le gouvernement entend poursuivre et élargir le dispositif à travers une deuxième phase plus ambitieuse. Celle-ci devrait intégrer d’autres provinces et diversifier les activités autour de la pêche continentale, de l’aquaculture et de la pisciculture. À travers cette extension, les autorités cherchent à renforcer la souveraineté alimentaire du pays tout en réduisant la dépendance aux importations de produits halieutiques. L’enjeu dépasse désormais la seule filière pêche : il s’agit aussi pour l’exécutif de démontrer sa capacité à piloter efficacement les grands programmes publics annoncés depuis la Transition, dans un contexte où les attentes sociales autour du pouvoir d’achat et du coût de la vie restent particulièrement fortes.