Douanes : trois ans après leur formation, les diplômés de l’EIED réclament enfin leur intégration
2026-07-22 09:20:00
Leur patience semble avoir atteint ses limites. Trois ans après leur sortie de l’École Inter-États des Douanes (EIED) de la CEMAC, dix-huit jeunes diplômés gabonais attendent toujours leur intégration au sein de l’administration des douanes.
Réunis devant le ministère de l’Économie et des Finances, ils interpellent les autorités afin qu’une solution soit enfin trouvée à une situation qu’ils jugent incompréhensible.
Selon les représentants de cette promotion 2023, leur formation répondait pourtant à un besoin officiellement exprimé par l’administration des douanes. Malgré plusieurs démarches engagées auprès de la Primature, du ministère de la Fonction publique et du ministère de l’Économie, ainsi que des avis favorables obtenus auprès de ces différentes administrations, leur recrutement n’a toujours pas été concrétisé.
Pour ces jeunes diplômés, cette attente prolongée remet en cause le principe de continuité de l’État et prive l’administration de compétences pourtant formées pour répondre aux exigences du métier. Ils estiment que leurs connaissances, acquises au sein d’une école de référence de la CEMAC, devraient aujourd’hui être mobilisées au service de la modernisation des douanes gabonaises.
Au-delà de leur situation personnelle, cette affaire soulève une question plus large sur la gestion des ressources humaines dans la fonction publique. Former des cadres spécialisés sans leur offrir de débouchés immédiats représente non seulement un coût pour l’État, mais risque également d’entamer la confiance des jeunes envers les concours administratifs et les filières d’excellence.
L’École Inter-États des Douanes, basée à Bangui, forme les futurs inspecteurs, contrôleurs et agents des administrations douanières des six pays membres de la CEMAC. Accessible uniquement sur concours, elle a pour mission d’harmoniser les pratiques douanières et de renforcer les capacités des administrations nationales.
Alors que le Gabon affiche son ambition de renforcer la performance de ses régies financières et d’améliorer la mobilisation des recettes publiques, l’intégration de ces jeunes spécialistes apparaît comme un enjeu de cohérence entre les besoins exprimés par l’administration et les décisions de recrutement. Les diplômés espèrent désormais un arbitrage des plus hautes autorités afin que ce dossier, en suspens depuis trois ans, trouve enfin une issue favorable.