Eramet : le retour stratégique de Christel Bories



2026-02-05 10:56:00

Le limogeage surprise du directeur général d’Eramet et la reprise en main provisoire du groupe par sa présidente, Christel Bories, ravivent les interrogations sur la gouvernance du géant minier français, acteur clé du secteur extractif gabonais, à un moment particulièrement sensible pour les marchés.



Le groupe minier Eramet traverse une nouvelle zone de turbulences. Son conseil d’administration a décidé, avec effet immédiat, de mettre fin au mandat de son directeur général, Paulo Castellari, évoquant des « divergences sur les modes de fonctionnement ». Une formulation diplomatique qui masque difficilement de profondes tensions internes au sommet de l’entreprise.

Dans l’attente de la nomination d’un nouveau directeur général, la présidente du conseil d’administration, Christel Bories, reprend les rênes exécutives à titre intérimaire. Un retour aux affaires qui n’est pas sans rappeler les périodes de recentralisation du pouvoir déjà observées au sein du groupe, notamment lors de phases critiques de restructuration.

Cette décision intervient à seulement deux semaines de la publication des résultats annuels d’Eramet, accentuant l’inquiétude des investisseurs. À la Bourse de Paris, l’annonce a été perçue comme un signal d’instabilité managériale, dans un contexte où le groupe est déjà soumis à de fortes pressions liées à la volatilité des cours des matières premières, aux exigences environnementales accrues et aux défis industriels.

Pour le Gabon, pays stratégique dans le portefeuille d’Eramet à travers la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), cet épisode soulève également des interrogations. Le manganèse gabonais demeure un pilier essentiel de la chaîne de valeur du groupe, mais toute fragilité dans la gouvernance centrale peut avoir des répercussions sur les investissements, l’emploi et les relations avec l’État gabonais.

Le retour de Christel Bories à la direction opérationnelle pourrait être interprété comme une volonté de reprise en main, voire de sécurisation des intérêts du groupe dans ses zones clés, dont le Gabon. Reste à savoir si cette transition provisoire permettra de restaurer la confiance des marchés et de clarifier rapidement la stratégie du groupe, ou si elle annonce une période prolongée d’incertitude au sommet d’un acteur majeur du secteur minier africain.