Financement islamique : le sukuk, une autre façon de lever des fonds pour l’État



2026-02-07 13:55:00

En levant 500 millions de dollars à travers un sukuk international, tout en suscitant plus de 7 milliards de dollars de promesses d’investissement, le Bénin a marqué un tournant financier. Une opération qui met en lumière un mode de financement encore méconnu en Afrique : le sukuk.



Contrairement à une idée répandue, tous les financements souverains ne reposent pas sur la dette classique avec intérêts. Le sukuk, parfois appelé « obligation islamique », repose sur une logique fondamentalement différente. Il s’agit d’un financement adossé à des actifs réels, et non d’un simple prêt d’argent.

Dans un sukuk, les investisseurs ne prêtent pas des fonds à l’État de manière abstraite. Ils participent au financement d’un projet concret — infrastructure, route, bâtiment public — et deviennent copropriétaires temporaires de cet actif. Leur rémunération provient des revenus générés par l’exploitation du projet, et non d’un intérêt financier au sens classique.

C’est précisément ce mécanisme que le Bénin a mobilisé avec succès. Le pays a émis un sukuk international de 500 millions de dollars, sur une maturité de sept ans, avec un taux de rendement de 4,92 % et une couverture de change en euros. Le résultat a largement dépassé les attentes : plus de 7 milliards de dollars de demandes, alors que seulement 500 millions étaient recherchés.

Cette opération fait du Bénin le premier pays africain à réussir une émission internationale de sukuk de cette ampleur. Elle envoie un signal fort aux investisseurs du Golfe, d’Europe et d’Amérique, en démontrant la capacité du pays à structurer des projets crédibles, transparents et conformes aux standards internationaux de la finance islamique.

En parallèle, l’État béninois a également levé 350 millions de dollars via un eurobond, un instrument de dette classique. Deux outils, deux logiques financières, mais un même objectif : diversifier les sources de financement, réduire les risques et renforcer la crédibilité financière. Une stratégie qui pourrait inspirer d’autres pays africains en quête de financements plus responsables et mieux maîtrisés.