Huile contrefaite : un vaste réseau clandestin démantelé à Libreville



2026-07-22 16:11:00

Une opération conjointe menée par les services de sécurité et de contrôle a permis de mettre au jour une usine clandestine de reconditionnement d’huile alimentaire, révélant l’existence d’un système organisé de fraude aux conséquences économiques et sanitaires préoccupantes.



La découverte d’une unité clandestine de fabrication et de conditionnement d’huile alimentaire dans la capitale gabonaise met en lumière l’ampleur des réseaux de fraude qui prospèrent à l’ombre des circuits commerciaux légaux. À l’issue d’une opération coordonnée par la Direction générale des services spéciaux (DGSS), avec l’appui de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA), une installation illégale spécialisée dans le reconditionnement de l’huile sous la marque « Rose » a été démantelée. Derrière l’apparence discrète d’une habitation ordinaire se cachait une véritable chaîne de production fonctionnant depuis près de trois ans. Les inspections réalisées sur place ont révélé des conditions d’hygiène particulièrement alarmantes, incompatibles avec les exigences sanitaires applicables aux produits destinés à la consommation humaine.

Les investigations ont permis de mettre au jour un mode opératoire sophistiqué reposant sur l’importation d’huile Viking, produite en Inde, puis reconditionnée localement sous différentes appellations commerciales, notamment celle de « Cuisine Or », marque bien connue des consommateurs gabonais. Cette pratique frauduleuse ne se limite pas à une simple tromperie commerciale : elle porte atteinte à la confiance des consommateurs, fragilise les entreprises respectueuses des normes et crée une concurrence déloyale au détriment des opérateurs économiques légitimes. Les enquêteurs ont également découvert des équipements de conditionnement, des stocks importants de produits prêts à être écoulés sur le marché ainsi qu’un système d’alimentation solaire permettant d’assurer la continuité de la production. L’interpellation de plusieurs personnes, parmi lesquelles des ressortissants étrangers et leurs collaborateurs, témoigne du caractère structuré de ce réseau qui semble s’appuyer sur des circuits de distribution bien établis.

Au-delà de la fraude alimentaire, cette affaire soulève des interrogations majeures sur la traçabilité des produits consommés quotidiennement par les ménages et sur l’ampleur du commerce illicite dans le pays. La découverte parallèle d’importantes quantités de cigarettes de contrebande dans un entrepôt de la zone industrielle d’Oloumi renforce l’hypothèse d’un réseau criminel plus vaste opérant dans plusieurs secteurs de consommation courante. Alors que les autorités poursuivent leurs investigations pour identifier l’ensemble des ramifications de cette filière clandestine, cette opération rappelle que la lutte contre la contrefaçon constitue aussi un enjeu économique stratégique. Chaque produit frauduleux mis sur le marché prive l’État de recettes fiscales, affaiblit les entreprises formelles et expose les consommateurs à des risques sanitaires considérables. Dans une économie qui cherche à renforcer son tissu industriel et à protéger son marché intérieur, la traque des réseaux de contrefaçon apparaît désormais comme une exigence de souveraineté économique autant que de santé publique.