Numérique au Gabon : L'OPAM dénonce la suspension totale des réseaux sociaux



2026-02-19 12:28:00

L’Organisation patronale des médias (OPAM) critique la coupure globale des réseaux sociaux, estimant qu’elle porte atteinte à la liberté de la presse, à l’économie numérique et au lien social.



Vingt-quatre heures après la suspension brutale des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire gabonais, l’Organisation patronale des médias (OPAM) a publié, le 18 février 2026, une déclaration dénonçant une mesure jugée disproportionnée et préjudiciable. Selon l’organisation, cette décision du 17 février dépasse la simple régulation technique pour toucher aux fondements mêmes de la démocratie et de l’économie moderne. Elle ne se limite pas à rendre indisponibles quelques plateformes de divertissement ; elle constitue un frein brutal à l’activité économique nationale et à l’exercice de la liberté de la presse.

L’OPAM rappelle que les réseaux sociaux sont devenus des infrastructures essentielles : espaces d’expression citoyenne, outils de travail pour des milliers d’acteurs économiques et canaux stratégiques pour les médias. Interrompre ces flux provoque une rupture du lien social et entraîne des conséquences financières immédiates pour les entreprises de presse et les entrepreneurs digitaux. La diffusion de l’information institutionnelle et l’interaction entre médias et public sont ainsi fortement impactées.

Si l’organisation reconnaît la légitimité de la lutte contre la désinformation, la diffamation et les abus en ligne, elle insiste sur le fait que la réponse de l’État doit être graduée et encadrée juridiquement. « Dans un État de droit, toute restriction doit être nécessaire, proportionnée et juridiquement encadrée », rappelle-t-elle. L’OPAM met également en garde contre les effets négatifs de cette restriction sur l’image internationale du Gabon. Une telle suspension, estime-t-elle, fragilise la confiance des investisseurs et questionne les avancées démocratiques de la Ve République.

Enfin, l’organisation appelle au rétablissement immédiat de l’accès aux plateformes et plaide pour un dialogue constructif avec les autorités afin d’adopter une régulation ciblée, transparente et respectueuse de l’espace public numérique, plutôt que d’avoir recours à un « bouton d’arrêt » général.