Parlons de nos provinces : à Makokou, le quotidien sous pression des populations entre pénurie d’eau, délestages et routes impraticables
2026-03-19 14:45:00
Pour cette nouvelle plongée dans les réalités locales à travers la rubrique « Parlons de nos provinces », cap sur la ville de Makokou, chef-lieu de la province de l’Ogooué-Ivindo, où les populations font face à une accumulation de difficultés qui affectent profondément leur quotidien.
Eau, électricité, routes, transport : ici, les urgences se superposent, au point de créer un sentiment d’abandon chez de nombreux habitants.
Une crise de l’eau devenue structurelle
Dans plusieurs quartiers, notamment à Mbolo, l’accès à l’eau potable n’est plus garanti depuis des années. À Mbolo, les habitants sont contraints de recourir à des sources alternatives, souvent précaires : eau de rivière, eau de pluie ou systèmes de débrouille informels.
Une situation qui n’est pas sans conséquence sur la santé et les conditions de vie. Selon notre correspondante sur place, certaines familles peuvent passer plusieurs jours sans la moindre goutte d’eau potable.
« Actuellement, cela fait déjà 5 jours que nous sommes sans eau… Franchement, c’est décourageant », témoigne-t-elle, traduisant un ras-le-bol généralisé.
Derrière cette pénurie, se pose la question de la durabilité des infrastructures hydrauliques et de leur entretien, mais aussi de l’équité dans la distribution de l’eau entre les différents quartiers.
Routes dégradées, mobilité paralysée
Autre difficulté majeure : l’état des routes, en particulier dans les zones dites “bas-fonds”. Dans plusieurs quartiers périphériques, les voies sont devenues totalement impraticables, surtout en période de pluie.
Des travaux ont bien été entamés, mais beaucoup restent inachevés, laissant place à des pistes dégradées, boueuses et parfois dangereuses. Résultat : certains transporteurs refusent tout simplement de desservir ces zones. Ce blocage logistique isole davantage les populations concernées, complique l’accès aux services de base (marchés, écoles, centres de santé) et renchérit le coût de la vie.
Une électricité à deux vitesses
À ces difficultés s’ajoute une inégalité marquée dans l’accès à l’électricité. Si certaines zones bénéficient d’un approvisionnement relativement stable, d’autres quartiers vivent au rythme des délestages prolongés.
Dans les secteurs les plus touchés, il n’est pas rare de passer jusqu’à trois jours consécutifs sans courant. Une situation qui accentue les frustrations, surtout lorsqu’elle est perçue comme une injustice territoriale.
L’électricité, pourtant essentielle pour la conservation des aliments, l’activité économique ou encore l’éducation, devient ainsi un privilège variable selon le lieu de résidence.
Des quartiers en première ligne
Les zones les plus impactées par ces difficultés cumulées sont notamment :
Mbolo marché
Mbolo 1
Mbolo 2
Mbolo 3
Carrefour Afane
Zoatab
Cité Daki
Dans ces quartiers, les habitants doivent faire preuve d’une résilience constante pour faire face à des conditions de vie de plus en plus contraignantes.
Une accumulation de défaillances qui interroge
Ce qui ressort de la situation à Makokou, ce n’est pas seulement la présence de difficultés, mais leur accumulation et leur durée dans le temps. Quand l’eau manque, que les routes sont impraticables et que l’électricité devient aléatoire, c’est tout l’équilibre social et économique qui vacille. Ces défaillances combinées traduisent des enjeux plus profonds liés à l’aménagement du territoire, à la maintenance des infrastructures et à la priorisation des investissements publics.
L’urgence d’une réponse coordonnée
Face à cette réalité, les attentes des populations sont claires : des solutions concrètes, durables et équitables. La remise en état des routes, la réhabilitation des réseaux d’eau potable et une meilleure distribution de l’électricité apparaissent comme des priorités immédiates.
Mais au-delà des réponses techniques, c’est une approche globale du développement urbain et rural qui semble nécessaire pour éviter que ces situations ne s’installent durablement.
Avec cette nouvelle alerte venue de l’Ogooué-Ivindo, BiBa 241 poursuit sa mission : donner la parole aux territoires, mettre en lumière les réalités vécues et contribuer à faire émerger des solutions à la hauteur des défis.