Permis de conduire numérique : « L’enrôlement débute en mars 2026 pour tous les usagers » dixit Arnold Stéphane Kapitho
2026-03-24 13:19:00
Dans le cadre de la modernisation de l’administration publique, le Gabon s’apprête à franchir une nouvelle étape avec l’introduction du permis de conduire numérique. Pour en préciser les contours, nous avons rencontré Arnold Stéphane Kapitho, directeur du Centre National de l’Examen du permis de conduire, qui détaille les modalités, le calendrier et les implications de cette réforme structurante.
D’entrée de jeu, le responsable a tenu à lever toute ambiguïté sur la notion de « permis numérique ». Contrairement à ce que pourrait laisser penser l’intitulé, il ne s’agit pas d’un document dématérialisé sur smartphone, mais d’un support physique sécurisé. « Le permis de conduire numérique est un document de format ID1, de type carte bancaire », explique-t-il. Cette nouvelle carte intégrera les informations essentielles du titulaire, notamment son identité, la catégorie de permis détenue, ainsi que les éventuelles infractions commises sur la voie publique.
Un enrôlement progressif dès mars 2026
Le lancement du projet est imminent. Selon Arnold Stéphane Kapitho, la première étape consistera en une vaste opération d’enrôlement prévue dès mars 2026. « Nous allons commencer par la phase d’enrôlement parce que ce document intègre des données biométriques. Cette phase pourrait durer entre trois et six mois », précise-t-il.
Cette opération concernera l’ensemble des usagers, sans distinction. Qu’il s’agisse des détenteurs de permis anciens formats ou des nouveaux conducteurs, tous seront appelés à se conformer à ce nouveau dispositif. Dans un premier temps, la priorité sera donnée aux titulaires de permis définitifs, notamment les anciens permis dits « roses » ainsi que les fiches d’enregistrement.
Le directeur insiste sur l’importance du respect des délais : les détenteurs de permis au format trois volets devront impérativement se faire enrôler dans une période comprise entre trois et six mois. L’opération couvrira toutes les catégories de permis, de A à F.
Des coûts ajustés pour les usagers
Sur la question du coût, les autorités assurent avoir pris en compte le pouvoir d’achat des citoyens. Conformément aux orientations du ministre des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, une grille tarifaire différenciée a été mise en place. La catégorie B, la plus répandue, sera accessible à 10 000 FCFA, tandis que les autres catégories seront fixées à 20 000 FCFA. Un effort salué, qui vise à faciliter l’adhésion massive des usagers à cette réforme.
Sécurité des données et contrôle renforcé
L’introduction du permis numérique s’accompagne de garanties importantes en matière de sécurité. Les données personnelles des usagers seront hébergées au sein du datacenter national de l’ANINF, garantissant leur protection conformément aux normes en vigueur.
En parallèle, les contrôles routiers seront modernisés. Les forces de l’ordre seront équipées de tablettes capables de scanner les permis afin d’en vérifier l’authenticité, la validité et les catégories autorisées. En cas d’infraction, les contrevenants pourront être verbalisés directement, avec la possibilité de régler leurs amendes via mobile money.
Un outil de lutte contre la fraude
Au-delà de la modernisation, cette réforme vise également à mettre un terme aux fraudes qui gangrènent le système actuel. « Le document comporte plusieurs niveaux de sécurité, dont une puce NFC, un hologramme et un QR code », détaille le directeur. Ces innovations devraient rendre la falsification quasi impossible et renforcer la crédibilité du permis de conduire gabonais.
Une volonté politique affirmée
Ce projet s’inscrit dans la dynamique impulsée par le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui entend accélérer la digitalisation des services publics. Le permis de conduire devient ainsi un levier stratégique de transformation administrative. Le déploiement se fera de manière progressive, en commençant par le Grand Libreville, avant une extension à l’intérieur du pays. Une campagne de communication officielle est prévue pour accompagner cette transition et informer les populations.
En filigrane, cette réforme marque une rupture avec un système jugé obsolète. « Aujourd’hui, nous sommes l’un des rares pays de la zone à utiliser encore un document papier en trois volets », rappelle Arnold Stéphane Kapitho.
Le message est clair : l’administration gabonaise entre dans une nouvelle ère, où sécurité, efficacité et modernité deviennent les maîtres-mots.