Port de Kobe-Kobe : futur hub d’exportation du fer de Belinga
2026-06-09 11:00:00
Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République du Gabon, a procédé le 8 juin 2026 à la pose de la première pierre en vue de la construction du port en eau profonde de Kobe-Kobe. « Ce projet est intimement lié à l’exploitation du fer de Belinga, un projet majeur de notre pays depuis des décennies.
L’Etat a toujours voulu l’exploiter pour en tirer des ressources et faire
bénéficier aux populations gabonaises des effets d’entraînement y relatifs, en
termes d’emplois, d’infrastructures et de développement économique et social. L’avènement de la 5eme République sous la
conduite Brice Clotaire Oligui Nguema a
inscrit l’aboutissement effectif de ce projet comme une des priorités
nationales » explique une source proche du projet.
Le projet du Port en eau profonde de Kobé-Kobé qui va
être construit pendant 5 ans est porté
par L’Etat gabonais et accompagné par plusieurs partenaires notamment : Africa
Global Logistics (AGL) qui conduit les travaux et Algest Investment Bank, architecte
financier du projet. Comme caractéristiques, il repose sur quatre composantes
liées à savoir un port minéralier sur la façade atlantique, un corridor
ferroviaire reliant Belinga à la côte, un barrage hydroélectrique à Booué permettant d’alimenter l’exploitation de la mine et les opérations de
transformation. Il faut
souligner que le gisement de fer de Belinga, est l'un des plus importants encore inexploités au
monde avec plus d'un milliard de tonnes de réserves. La convention d’exploitation minière avait déjà été
signée en février 2023 avec le Groupe Fortescue, un opérateur australien qui
est le 4eme plus gros opérateur mondial dans ce secteur.
A Kobe-Kobe c’est une entreprise chinoise qui sera en
charge de la construction du chemin de fer, le projet énergétique a été confié
à une entreprise italienne. Un opérateur américain fournira les wagons.
100 000
emplois attendus d’ici 2030
Selon les chiffres, 7,5 milliards de dollars
d'investissement ont été mobilisés pour cette infrastructure, plus de 100 000
emplois sont attendus, une valeur annuelle projetée de 10 milliards de dollars
et un accroissement du PIB gabonais de 50 %. La zone
portuaire de Kobe-Kobe accueillera aussi
des espaces dédiées au développement d’autres activités économiques, sous forme
de zone économique spéciale. L’idée étant de combiner des activités à haute valeur
ajoutée, à savoir l’exploitation du fer transformé, des activités industrielles
et de services à fort rendement.
En mai 2026, en marge des Assemblées annuelles de la Banque
africaine de développement à Brazzaville, Oligui Nguema avait directement
sollicité les investisseurs internationaux pour rejoindre le financement du
projet.
Après le lancement des travaux du
Port de Kobe-Kobe, de nombreuses interrogations ont émergé quant à l'avenir du
projet de port en eau profonde de Mayumba, dans la province de la Nyanga. Pour
certains observateurs, il est essentiel que cette infrastructure stratégique,
annoncée depuis plusieurs années, demeure une priorité dans la vision de
développement du Sud du pays.
Selon des sources proches du dossier,
le projet de Mayumba n'a toutefois pas été abandonné. Il reste inscrit parmi
les projets structurants suivis au plus haut niveau de l'État. Le choix porté
sur le corridor Belinga–Kobe-Kobe répond avant tout à des impératifs de
rentabilité économique et d'exploitation immédiate du potentiel minier
national. Dans le même temps, le projet de Mayumba poursuit son cheminement à
travers les études de faisabilité techniques, économiques et environnementales
nécessaires à sa maturation.
Toujours selon ces mêmes sources, dès
que les conditions de financement seront réunies, l'État entend engager la
réalisation de la ligne ferroviaire vers Mayumba, la construction du port en
eau profonde ainsi que les infrastructures énergétiques indispensables à son
fonctionnement. Un ensemble d'investissements qui devrait, à terme, renforcer
l'attractivité économique de la Nyanga, faciliter l'exportation des ressources
naturelles de la région et soutenir le développement d'activités connexes,
notamment dans les secteurs de la pêche et de la logistique portuaire.