Projet PIAEPAL : Audit et suspension des paiements tant que l'eau n'arrive pas aux ménages



2026-07-27 17:42:00

Face aux retards persistants du Projet intégré d'alimentation en eau potable de Libreville (PIAEPAL), le président Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé la suspension des paiements liés au projet. Une décision qui s'inscrit dans une démarche plus large de maîtrise de la dépense publique et d'assainissement de la dette avant toute conclusion d'un programme avec le Fonds monétaire international (FMI).



Invité de la chaîne Africa 24 le 23 juillet 2026, le président de la République a affiché sa fermeté sur la gestion des grands projets financés par les bailleurs internationaux. Il a indiqué avoir instruit le Trésor public de suspendre le règlement des échéances du Projet intégré d'alimentation en eau potable de Libreville tant que les populations ne bénéficieront pas effectivement du service attendu. Pour le chef de l'État, l'État ne peut continuer à payer des prestations dont les résultats ne sont pas visibles.

Brice Clotaire Oligui Nguema a rappelé que le Gabon avait déjà mobilisé près de 150 milliards de francs CFA pour ce chantier, cofinancé notamment avec la Banque africaine de développement. Malgré ces financements, les difficultés d'accès à l'eau potable persistent dans plusieurs quartiers de Libreville. Une situation qui a conduit les autorités à engager un nouveau partenariat avec le groupe Suez, représentant un investissement supplémentaire de 120 milliards de francs CFA.

Selon le président, cette situation revient à financer deux fois un même objectif sans que celui-ci soit atteint. Il a également cité le chantier routier Ndendé-Doussala, financé par les mêmes partenaires, dont les travaux restent inachevés malgré les décaissements effectués. Ces exemples illustrent, selon lui, la nécessité de revoir les mécanismes de suivi et d'exécution des grands projets financés sur ressources extérieures.

Cette volonté de clarification s'étend également à la dette publique. Le chef de l'État a annoncé qu'aucun programme ne sera conclu avec le Fonds monétaire international sans un audit préalable permettant de déterminer avec précision le niveau réel de l'endettement du Gabon. Plusieurs cabinets spécialisés sont actuellement mobilisés afin d'établir un état exhaustif des engagements financiers de l'État avant toute nouvelle négociation.

Interrogé sur les notations souveraines du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé que les préoccupations des populations demeurent prioritaires par rapport aux appréciations des agences de notation. Il a également appelé les bailleurs à reprendre les discussions afin d'expliquer les difficultés rencontrées dans l'exécution du PIAEPAL, conditionnant toute reprise des paiements à des réponses concrètes sur l'efficacité des financements engagés.