UOB : 3 milliards FCFA pour absorber la croissance des effectifs



2026-09-14 09:52:00

Longtemps confrontée à la saturation de ses infrastructures et à la hausse continue de ses effectifs, l’Université Omar Bongo (UOB) veut changer de dimension. Avec un investissement de 3 milliards de FCFA, l’établissement entend moderniser ses infrastructures, améliorer les conditions d’apprentissage et poser les bases d’une « université de 3e génération ».



Le 10 septembre 2026, la réouverture de l’auditorium Pierre-Louis Agondjo Okawé, fermé depuis près de trente ans, a offert une vitrine symbolique à cette transformation. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a également inauguré le pavillon F et inspecté plusieurs chantiers en cours. Mais au-delà des cérémonies, c’est un programme d’envergure qui se déploie sur le campus. Selon le recteur, le Pr Jean-Jacques Tony Ekomie, l’enveloppe de 3 milliards de FCFA repose sur quatre priorités destinées à répondre aux besoins immédiats et futurs de l’université.


Premier axe : un milliard de FCFA pour achever le nouveau pôle pédagogique du CTRI. Celui-ci comprendra huit salles de cours pouvant accueillir entre 100 et 120 étudiants chacune, une bibliothèque, une salle polyvalente et neuf bureaux. À cela s’ajoutent 500 millions de FCFA consacrés à son équipement et au renouvellement de 200 tables-bancs dans les amphithéâtres et salles existants. Autre volet, 500 millions seront dédiés à la réhabilitation des voiries et des bâtiments, notamment avec la réfection de 600 mètres de voies intérieures, la remise en état de la clôture et le ravalement de la façade du rectorat. Enfin, un nouvel amphithéâtre de 1 500 places, financé à hauteur d’un milliard de FCFA, doit contribuer à désengorger les espaces de cours.


L’urgence est réelle. En quelques années, les effectifs de l’UOB sont passés d’environ 11 000 à plus de 17 000 étudiants, alors qu’un nouveau contingent de bacheliers doit encore rejoindre les bancs de l’université. La question n’est donc plus seulement de remettre à niveau des infrastructures vieillissantes, mais de construire une capacité d’accueil à la hauteur des ambitions affichées. Pour l’établissement, cette modernisation doit également accompagner l’évolution de l’offre de formation et mieux répondre aux exigences d’un marché du travail en pleine mutation.


Car derrière le béton et les nouveaux équipements se joue surtout un changement de modèle. La vision portée dans le projet de société « Bâtir l’édifice nouveau » entend faire de l’UOB un véritable bassin de compétences, articulé autour de la qualité des enseignements, de l’employabilité, de l’entrepreneuriat et de la diversification de l’économie gabonaise. Le vice-recteur, le Pr Jean-François Owaye, défend ainsi une université davantage tournée vers la digitalisation, l’innovation, la recherche appliquée et la valorisation des résultats. Les 3 milliards de FCFA apparaissent dès lors comme un investissement dans les murs, certes, mais surtout dans la capacité de l’UOB à changer de modèle et à préparer les compétences dont le Gabon aura besoin demain.