BAD-Cémac : le SDMX et l’ODP 2.0 au cœur de la modernisation des statistiques en Afrique centrale



2026-09-15 11:07:00

À Libreville, la Cémac, la BAD et l’UNFPA réunissent cette semaine les experts des six États membres autour d’un chantier stratégique : moderniser la circulation et la diffusion des données statistiques grâce au standard SDMX et à la nouvelle génération de l’Open Data Platform.



Depuis le 14 septembre et jusqu’au 18 septembre, l’Hôtel Boulevard de Libreville accueille un atelier régional consacré à la mise en œuvre du SDMX (Statistical Data and Metadata eXchange) et à la migration vers Open Data Platform (ODP) 2.0. Organisée dans le cadre du projet HISWACA/PHASAOC, la rencontre rassemble une quarantaine d’experts issus des Instituts nationaux de la statistique, de la Commission de la Cémac et des institutions partenaires. L’objectif est clair : rapprocher les systèmes statistiques nationaux et faciliter la production de données comparables, accessibles et mieux structurées.

Pour les six pays de la Cémac, l’enjeu est notamment de dépasser les limites des échanges actuels. Les données sont encore transmises par messagerie, dans des formats différents, ce qui complique leur consolidation et augmente les risques d’erreurs. Le SDMX doit permettre d’automatiser ces échanges, afin que les statistiques puissent circuler d’un système à un autre sans ressaisie. Les travaux portent ainsi sur la modélisation des données, les structures de données, les métadonnées, mais aussi sur leur chargement, leur publication et leur visualisation dans ODP 2.0.

Autre chantier majeur : la préparation de Cémac Data, future plateforme régionale destinée à centraliser les indicateurs statistiques communautaires. Une version bêta doit être présentée au cours de l’atelier, tandis que les participants travaillent à la définition d’un mécanisme d’échange automatisé entre les plateformes nationales et celle de la Cémac. Si les six États disposent déjà d’une plateforme ODP 1.0, aucun n’a encore engagé sa migration vers la version 2.0. Le niveau d’alimentation des portails demeure par ailleurs inégal, malgré certaines avancées enregistrées notamment au Cameroun et en République centrafricaine.

Au Gabon, cette transformation concerne directement l’INSTAT Gabon, appelé à élaborer un plan d’action précis pour accompagner la migration. À l’ouverture des travaux, la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, a rappelé que « la statistique doit éclairer les décisions publiques ». Au terme des cinq jours de travaux, chaque État membre devra repartir avec une feuille de route nationale. Une étape destinée à accélérer l’interopérabilité des systèmes statistiques et, à terme, à améliorer l’accès à une donnée officielle plus fiable, harmonisée et directement exploitable pour la décision publique.