Finances publiques : La dette du Gabon officiellement fixée à 9 524 milliards de FCFA
2026-09-15 14:28:00
La dette et les passifs exigibles de l’État gabonais atteignent officiellement 9 524,643 milliards de FCFA au 31 décembre 2025. Ce montant, issu de l’audit engagé par le gouvernement en juin 2026, ramène le stock initialement estimé à près de 11 700 milliards de FCFA et fait ressortir un ratio indicatif de dette de 68,91 % du PIB.
Le gouvernement gabonais a annoncé l’achèvement de l’audit de la dette et des passifs exigibles de l’État au 31 décembre 2025. Lancés officiellement le 17 juin 2026, les travaux ont été conduits par un Comité institué par l’arrêté n°077/MEFDPLVC du 27 avril 2026. L’objectif affiché était de parvenir à une photographie consolidée des engagements financiers de l’État, conformément aux standards internationaux du FMI en matière de statistiques de finances publiques et de dette du secteur public. À l’issue de cet exercice, le stock de référence a été fixé à 9 524,643 milliards de FCFA, contre une première estimation proche de 11 700 milliards.
Ce nouveau chiffrage ne constitue pas pour autant un effacement de la pression exercée par la dette sur les finances publiques. Rapporté à une première estimation du PIB nominal 2025 de 13 822 milliards de FCFA, issue de l’arrimage aux résultats validés du rebasage de 2022, le stock consolidé représente environ 68,91 % de la richesse nationale produite sur l’année. Au-delà du chiffre, l’audit met surtout en lumière l’importance des engagements financiers accumulés par l’État et la nécessité d’en assurer un suivi plus rigoureux. La consolidation du stock doit ainsi permettre de disposer d’une base commune pour apprécier plus précisément la soutenabilité de la dette et les marges de manœuvre budgétaires du pays.
Le gouvernement entend désormais faire de ce document un outil de référence dans ses discussions avec les partenaires techniques et financiers. Le rapport d’audit a été transmis au Fonds monétaire international, conformément aux engagements pris par les autorités. Il doit notamment servir à élaborer une stratégie de gestion de la dette jugée soutenable, mais également à organiser l’apurement progressif des passifs exigibles et à prévenir la formation de nouveaux arriérés. L’enjeu est donc désormais de transformer ce travail de clarification comptable en mesures concrètes capables de réduire la pression sur la trésorerie de l’État.
Pour les finances publiques gabonaises, le véritable défi commence ainsi après l’audit. La réduction du stock de dette passera autant par la maîtrise des nouveaux engagements que par une meilleure discipline budgétaire et une gestion plus prévisible de la trésorerie. La publication d’un chiffre consolidé constitue un pas important en matière de transparence, mais elle place également le gouvernement face à une exigence : démontrer que cette photographie de la dette peut désormais servir de point de départ à une trajectoire durable de désendettement et à une gestion plus rigoureuse des ressources publiques.