Gabon : le procureur général fustige les dérives illégales de la police judiciaire



2026-01-16 12:44:00

À Libreville, Dr Eddy Minang rappelle avec fermeté aux officiers de police judiciaire le strict respect de la loi et des prérogatives du parquet, dénonçant abus de compétence et pratiques illégales qui fragilisent l’État de droit.



Le procureur général près la Cour d’appel de Libreville, Dr Eddy Minang, a réuni, le jeudi 15 janvier 2026, les services de police judiciaire, dont la PJ, le B2 et la DGR, pour une séance de travail consacrée au respect des règles fondamentales de la procédure pénale. Dans un contexte marqué par la persistance de pratiques contraires à la loi, il a insisté sur le rôle central du parquet dans l’orientation et la supervision des enquêtes, rappelant que « le procureur de la République exerce la direction de la police judiciaire » conformément aux articles 20 et 40 du Code de procédure pénale.

Le procureur général a mis l’accent sur l’obligation légale des officiers de police judiciaire d’informer immédiatement le parquet dès la connaissance d’une infraction, dénonçant les enquêtes menées sans information préalable et les transmissions incomplètes des procès-verbaux. Il a rappelé que certaines dérives observées, telles que le traitement de dossiers civils ou de litiges fonciers, ainsi que les transactions hors cadre légal et les convocations illégales, sont strictement interdites par la loi et mettent en cause la légitimité de l’action judiciaire.

Saluant le travail des officiers respectueux des règles, Dr Eddy Minang a averti que tout manquement sera sanctionné, soulignant que « nous sommes au début de la Ve République » et que la crédibilité du système judiciaire repose sur le respect de la légalité et des procédures. Cette mise au point ferme vise à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions judiciaires et à rappeler que le parquet demeure la seule autorité légale capable de diriger les enquêtes et d’assurer la protection des droits des justiciables.