Addis-Abeba : Oligui Nguema au cœur du jeu diplomatique africain



2026-02-13 10:41:00

À la 39e session ordinaire de l’Union africaine, le président gabonais entend consolider le retour stratégique de son pays sur la scène continentale, dans un contexte marqué par son élection au Conseil de paix et de sécurité.



Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a pris ses quartiers à Addis-Abeba pour participer à la 39e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, ouverte ce samedi 14 février. Accueilli avec les honneurs militaires à son arrivée à l’Aéroport international de Bole, le chef de l’État gabonais, accompagné de son épouse, affiche clairement l’ambition de repositionner le Gabon au centre des dynamiques africaines. Cette participation intervient dans un contexte diplomatique favorable, quelques semaines après l’élection du pays au Conseil de paix et de sécurité (CPS), organe stratégique de prévention et de gestion des conflits sur le continent.

Le sommet d’Addis-Abeba s’annonce dense. Les travaux porteront notamment sur la dégradation sécuritaire dans plusieurs régions du continent, la gestion durable des ressources en eau, l’assainissement et l’accélération de l’intégration économique. Pour Libreville, l’enjeu dépasse la simple présence protocolaire : il s’agit d’exister dans les débats, d’influencer les orientations et de nouer des alliances stratégiques en marge des sessions officielles. Les rencontres bilatérales prévues constituent à cet égard un levier déterminant. Dans ce type de sommet, ce sont souvent les discussions en coulisses qui structurent les partenariats de demain, qu’il s’agisse de coopération sécuritaire, d’investissements ou de coordination diplomatique.

Le rendez-vous est également marqué par la passation de la présidence tournante de l’organisation au chef de l’État burundais, Évariste Ndayishimiye, dans un climat continental tendu entre transitions politiques fragiles et menaces terroristes persistantes. Pour le Gabon, ce sommet fait figure de baptême diplomatique à l’ère post-transition. Désormais membre du Conseil de paix et de sécurité, le pays devra assumer des responsabilités accrues dans la gestion des crises africaines. À Addis-Abeba, la délégation gabonaise ne joue pas seulement la carte de la visibilité ; elle cherche à transformer une reconnaissance institutionnelle récente en influence réelle et durable.