Éducation nationale : que contient vraiment la feuille de route des 100 jours ?



2026-02-13 10:37:00

Le ministère de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique a présenté une feuille de route de 19 pages articulée autour de quatre axes prioritaires à mettre en œuvre sur 100 jours. Sur le papier, l’objectif est clair : améliorer la gouvernance, renforcer le dialogue social et accélérer les projets d’infrastructures scolaires. Mais que signifient concrètement ces annonces pour les élèves, les parents et les enseignants ?



Parmi les mesures annoncées figure un bilan à mi-parcours du comité de suivi et d’évaluation lancé le 22 janvier 2026. Le ministère prévoit également de poursuivre les échanges avec les partenaires sociaux.

En clair : il s’agit de maintenir le dialogue avec les syndicats d’enseignants pour tenter de stabiliser un secteur en crise depuis près de 40 jours. C’est aujourd’hui le principal enjeu. Sans apaisement social, aucune réforme ne peut réellement avancer.

Le document prévoit :

  • Le début des travaux de 20 complexes scolaires ;

  • L’évaluation des chantiers dans 27 établissements (constructions, réhabilitations, extensions).

C’est une priorité logique : manque de salles de classe, établissements vétustes, effectifs surchargés… Mais une question se pose : plusieurs projets annoncés comme « livrables dans les 100 jours » ont en réalité une échéance fixée à décembre 2026. Peut-on parler de résultats à court terme si les travaux s’achèvent en fin d’année ?

La feuille de route évoque également la vulgarisation d’un guide sur les violences scolaires et d’autres actions pédagogiques.

Mais là encore, la mise en œuvre dépend fortement de la résolution de la crise actuelle. Tant que les enseignants ne sont pas stabilisés, difficile de parler de transformation du système.

Autre point qui interpelle : plusieurs projets (complexe de Meyang, extension du lycée Montalier, complexe Henri-Clément, Nkoum Yeguine…) sont financés par le « budget de l’État », sans chiffrage détaillé public.

Pour les citoyens, la transparence budgétaire est essentielle. Comprendre combien coûte un projet permet de mesurer l’effort réel consenti et d’évaluer son impact.

La feuille de route du ministère dirigé par Camélia Ntoutoume Leclercq affiche des ambitions structurées. Mais sa réussite dépend d’un facteur central : la sortie durable de la crise sociale.

Pour les parents et les élèves, l’enjeu immédiat reste simple : la reprise normale des cours.
Pour le gouvernement, le défi est plus large : transformer les annonces en résultats visibles.

La vraie question n’est donc pas seulement « que prévoit le plan ? »
Mais plutôt : à quel rythme et avec quels moyens ces engagements pourront-ils être tenus ?