Secteur extractif gabonais : les signaux d’un modèle économique en mutation
2026-02-13 10:40:00
Au troisième trimestre 2025, la baisse de la production pétrolière et gazière confirme l’essoufflement progressif du moteur extractif national, tandis que le manganèse enregistre un rebond conjoncturel qui ne suffit pas à inverser la tendance annuelle.
Le troisième trimestre 2025 confirme une dynamique de ralentissement du secteur extractif gabonais, pilier traditionnel de la croissance nationale. D’après les statistiques publiées par la Direction Générale de l’Économie et de la Planification des Finances, la production globale du secteur a reculé de 4,3 % entre juillet et septembre, portant la contraction à 3,0 % sur les neuf premiers mois de l’année. Cette évolution s’inscrit dans une tendance structurelle marquée par la maturité des gisements historiques et la nécessité d’investissements technologiques plus lourds pour maintenir les niveaux d’exploitation.
Le segment pétrolier, longtemps socle de la stabilité budgétaire du pays, demeure le principal facteur de ce ralentissement. La production de pétrole a diminué de 4,7 % sur le trimestre, pénalisée par le vieillissement naturel des champs matures et par des incidents techniques sur plusieurs installations offshore. Dans le même temps, la production de gaz naturel a reculé de 6,6 %, sous l’effet combiné d’une demande intérieure limitée et de l’indisponibilité temporaire de certains équipements de traitement. Cette double contraction renforce le consensus croissant autour de l’urgence d’accélérer la diversification énergétique et de relancer l’exploration, notamment dans l’offshore profond où plusieurs permis restent en phase d’évaluation.
Le manganèse, en revanche, présente une évolution plus contrastée. La production a progressé de 8,6 % au troisième trimestre grâce à la normalisation des chaînes logistiques vers le port d’exportation, mais la tendance sur neuf mois demeure négative (–5,2 %), révélant la fragilité persistante du secteur minier face aux fluctuations de la demande internationale, en particulier asiatique. Pour la Compagnie minière de l’Ogooué (COMILOG) et ses partenaires, l’enjeu dépasse désormais la seule production : il s’agit de préserver la compétitivité du manganèse gabonais tout en accélérant la transformation locale du minerai, condition essentielle pour renforcer la valeur ajoutée nationale dans un contexte mondial de plus en plus concurrentiel.