Libreville : un pasteur placé sous mandat de dépôt pour atteinte aux bonnes mœurs



2026-02-13 10:34:00

Le responsable religieux et acteur politique Joël Andy Poungou a été incarcéré à la prison centrale de Libreville. Il est poursuivi pour atteinte aux bonnes mœurs et violences physiques, à la suite de la diffusion de contenus compromettants et de plaintes déposées par plusieurs jeunes femmes.



Figure controversée de la scène évangélique gabonaise, Joël Andy Poungou a été placé sous mandat de dépôt et incarcéré à la prison centrale de Libreville le mercredi 11 février au soir, selon une source judiciaire proche du dossier. Le leader de l’église « Ministère de toutes les Nations, ainsi fait l’Éternel », située au quartier Bas-de-Gué-Gué, est poursuivi pour atteinte aux bonnes mœurs et violences physiques.

L’affaire aurait été initialement instruite par les services compétents avant d’être transmise au parquet. Elle repose notamment sur la diffusion, ces dernières semaines, de vidéos et de photographies devenues virales sur les réseaux sociaux, montrant le mis en cause dans des situations jugées compromettantes avec de jeunes femmes présentées comme des fidèles de son église.

Plusieurs plaignantes l’accusent d’agressions sexuelles et de pressions exercées au moyen d’enregistrements intimes. Selon leurs témoignages, ces contenus auraient été utilisés comme moyen de chantage afin d’empêcher toute dénonciation. Certaines séquences auraient été réalisées à l’insu des intéressées ou dans un contexte de contrainte, des faits qui restent désormais à établir par l’instruction judiciaire en cours.

Joël Andy Poungou, également connu pour ses prises de position publiques et une candidature passée à une élection législative, avait récemment affirmé ne faire l’objet d’aucune poursuite. Son incarcération marque un tournant dans cette affaire, qui suscite un vif débat au sein de l’opinion publique.

Au-delà du cas individuel, cette procédure relance les discussions sur les abus susceptibles d’être commis dans certains cadres religieux et sur les mécanismes de protection des fidèles. L’enquête se poursuit et pourrait conduire à l’audition d’autres témoins. À ce stade, la présomption d’innocence demeure, et seule la justice déterminera les responsabilités éventuelles dans ce dossier sensible.