« Parlons de vous » : Zacharelle Latsouo Ossara, le courage d’avancer malgré les épreuves
2026-02-13 09:40:00
Dans sa rubrique « Parlons de vous », qui met en lumière les parcours inspirants de jeunes professionnels gabonais, BiBa 241 reçoit cette semaine Zacharelle Latsouo Ossara, communicante, journaliste de terrain et entrepreneure, dont l’histoire personnelle est marquée par la résilience et la foi. Née à Moanda, elle avance avec une conviction profonde : « Jésus est la source de mes ressources. »
Entre passion du journalisme, pratique du judo au niveau international et projets entrepreneuriaux, son parcours illustre la détermination d’une jeune femme qui refuse de renoncer.
Une vocation née très tôt
Depuis l’enfance, Zacharelle est attirée par la scène et l’expression publique. Encouragée par ses parents, elle récite déjà des poèmes devant ses camarades d’école. Plus tard, au lycée, son intérêt pour l’actualité se confirme.
« Je regardais le journal et j’allais sur YouTube pour voir comment travaillent les reporters. Mes amis m’appelaient déjà “la journaliste de luxe”. »
Si sa formation académique s’oriente vers la communication des organisations, elle apprend le journalisme de manière autodidacte, entre observation, pratique et immersion dans les médias.
Un parcours marqué par les épreuves
Son histoire personnelle est faite de défis. Partie étudier à Dakar, elle doit interrompre ses études lorsque son père tombe gravement malade. De retour au Gabon, elle perd ensuite ce dernier, une épreuve qui la plonge dans une « dépression invisible ».
Elle trouve néanmoins un stage dans une télévision locale, puis devient mère. Entre difficultés personnelles, précarité financière et responsabilités familiales, elle continue d’avancer.
Installée un temps à Ntoum, elle décroche son premier emploi avec un salaire modeste, nécessitant des déplacements quotidiens vers Libreville.
« Dieu ne m’a jamais laissée tomber. »
Cette période marque un tournant. Elle participe ensuite à une campagne politique au sein d’une équipe de communication, avant de rejoindre la rédaction du quotidien L’Union, édité par Société nationale de presse (SONAPRESSE), où elle renforce son expérience journalistique.
Le journalisme de terrain comme moteur
Pour Zacharelle, la motivation première reste la recherche de l’information et la proximité avec les réalités sociales.
« J’aime le terrain, être proche des gens, voir ce qui se passe réellement et informer. Je n’aime pas rester assise au bureau. »
Elle revendique des valeurs simples mais solides :
persévérance, courage, honnêteté et respect.
« Tu pleures mais tu avances. Tu as mal mais tu avances. »
Apprendre malgré les résistances
L’un des défis majeurs qu’elle évoque concerne la transmission des connaissances dans le milieu journalistique.
« Les aînés ne veulent pas toujours transmettre. Parfois, ils voient les jeunes comme des adversaires. Alors j’ai décidé d’apprendre moi-même, toujours dans la recherche. »
Une posture qui reflète son tempérament optimiste et courageux.
Entre communication et entrepreneuriat
Aujourd’hui, Zacharelle diversifie ses activités. Elle est communicante dans une entreprise privée et développe un projet entrepreneurial dans la mode, “La Maison du Kaba”, une boutique de robes en pagne dont l’ouverture physique est prévue prochainement.
En parallèle, elle continue de nourrir sa passion pour l’écriture, le chant et le judo.
Une vision lucide de l’avenir
Concernant l’évolution du journalisme, elle observe l’impact croissant des technologies :
« L’intelligence artificielle risque de prendre une place énorme. Cela peut aussi rendre certains paresseux si on n’y prend pas garde. »
Un message à la jeunesse gabonaise
Zacharelle s’adresse aux jeunes avec sincérité :
« Il faut être courageux, oser, rester intègre. Le monde peut être toxique, mais il faut se battre pour garder ses valeurs. Les efforts finissent toujours par payer. »
Elle conclut avec une note personnelle et déterminée :
« N’ayez pas honte de tomber ni de qui vous êtes. Vous représentez toute une famille. Osez, c’est comme ça que vous découvrirez de quoi vous êtes capables. Je suis appelée à meilleur, parce que j’œuvre pour ce pays. »