Affaire Marc Nicolas Ondo : quand une bavure sécuritaire se transforme en cauchemar judiciaire



2025-12-02 12:39:00

Arrêté à la place d’un suspect en fuite, détenu sous une fausse identité, transféré en prison sans informer sa famille et privé d’avocat pendant des mois. Le cas de Marc Nicolas Ondo, simple voisin du fugitif recherché dans l’affaire du conteneur de cocaïne d’Owendo, révèle les dérives les plus inquiétantes de la chaîne sécuritaire et judiciaire gabonaise. Sa famille exige aujourd’hui son transfert à Libreville et un procès fondé sur des preuves, pas sur un amalgame.



Le 13 novembre 2025, la traque du principal suspect dans le scandale du conteneur de cocaïne, tabac et kobolos découvert au port d’Owendo prend un tournant inattendu. Cherchant Carlos Nembe, les agents de la DGSS perquisitionnent son domicile puis basculent, sans mandat ni document officiel, chez son voisin Marc Nicolas Ondo. Sous les yeux de sa femme et de ses enfants, la perquisition s'effectue dans une totale improvisation. Marc est arrêté manu militari, accusé de savoir où se cacherait Carlos. Aucun élément ne lui est présenté. Il est immédiatement placé en garde à vue dans les locaux de la DGSS, où il restera trois semaines, sans qu’aucune notification légale ne soit adressée à sa famille.

Le 6 décembre, l’enchaînement d’aberrations atteint son paroxysme : Marc est présenté au juge d’instruction spécial… sous l’identité de Carlos Nembe. On l’accuse d’association de malfaiteurs, de blanchiment de capitaux et de trafic de stupéfiants. Le lendemain, il est secrètement transféré à la prison de Makokou, à plus de 700 km de Libreville, sans qu’aucun membre de sa famille ne soit informé. Ni les visites ni les appels ne sont autorisés. Plus grave encore : son avocat ne parvient à le rencontrer qu’au bout de sept à huit mois, une violation manifeste de ses droits fondamentaux et de tout principe d’équité judiciaire.

Aujourd’hui, la famille de Marc brise le silence. Elle réclame en urgence son transfert vers Libreville, afin qu’il soit détenu dans des conditions respectueuses de la loi gabonaise et qu’un procès juste puisse enfin s’ouvrir. Surtout, elle demande que les autorités produisent des preuves claires et tangibles : pourquoi Marc a-t-il été arrêté ? Sur quoi repose l’accusation qui le confond avec un autre homme ? À l’heure où le pays s’engage dans une transformation profonde de sa gouvernance, cette affaire apparaît comme un test crucial : celui de la capacité du Gabon à rompre définitivement avec les pratiques arbitraires et à garantir, pour chaque citoyen, la primauté du droit.