Affaire Ndong-Ndong : la justice frappe plus fort que le parquet



2026-01-20 12:19:00

En condamnant Junior Xavier Ndong-Ndong à une peine plus lourde que celle requise par le Ministère public, le tribunal correctionnel de Libreville a envoyé un signal judiciaire fort sur les limites de la parole publique lorsqu’elle menace l’ordre républicain.



Poursuivi initialement pour trouble à l’ordre public, puis pour diffusion de fausses nouvelles, Junior Xavier Ndong-Ndong a finalement été reconnu coupable d’« incitation à la révolte » par le tribunal correctionnel de Libreville. La juridiction a prononcé une peine de douze mois d’emprisonnement, dont six avec sursis, assortie d’une amende de deux millions de francs CFA. Une décision particulièrement remarquée, puisque plus sévère que les réquisitions du parquet, qui avait sollicité six mois de prison ferme et 500 000 francs CFA d’amende.

Ce verdict n’a pas manqué de susciter la réaction de la défense. À l’issue de l’audience, Me Sostène Eyi Mvé, conseil du prévenu, a qualifié la sanction de « lourde », indiquant que la possibilité d’un appel est actuellement à l’étude. Pour les avocats de Junior Xavier Ndong-Ndong, les éléments constitutifs de l’infraction n’étaient pas suffisamment caractérisés pour justifier une condamnation pénale, encore moins à ce niveau de sévérité.

Les faits reprochés remontent à une conférence de presse tenue le 25 décembre 2025, au cours de laquelle l’intéressé, président du Conseil national des rites et traditions du Gabon, avait évoqué l’imminence d’un coup d’État, ainsi que de prétendus enlèvements d’enfants et crimes rituels à venir. Il avait également tenu des propos sensibles sur une supposée ethnicisation de certaines administrations financières. En refusant la relaxe sollicitée par la défense, le tribunal a clairement estimé que ces déclarations dépassaient le cadre de la liberté d’expression pour relever d’un discours de nature à troubler gravement l’ordre public, confirmant ainsi une jurisprudence de fermeté face aux paroles jugées déstabilisatrices dans le contexte institutionnel actuel.