AGOA : pourquoi le Gabon peine encore à tirer profit de l’accord américain



2026-01-17 11:05:00

Malgré son éligibilité à l’AGOA, le Gabon peine à transformer cet accord commercial en véritable levier économique. En cause : l’absence de filières exportatrices structurées et de politiques industrielles adaptées.



À ce jour, l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) n’a pas produit d’impact significatif sur l’économie gabonaise. Bien que le pays soit éligible à ce régime préférentiel d’accès au marché américain, les retombées économiques restent marginales.

Les produits concernés par l’AGOA sont majoritairement issus de filières agricoles que le Gabon n’exporte pas en volumes significatifs. Cette inadéquation structurelle explique la faiblesse des échanges commerciaux entre Libreville et Washington dans le cadre de l’accord.

Dans le secteur du bois, pourtant stratégique pour le Gabon, le principal obstacle demeure la traçabilité. Le pays ne dispose pas encore d’un système suffisamment fiable et internationalement reconnu, alors que les États-Unis appliquent des normes environnementales et de durabilité extrêmement strictes. Cette insuffisance limite l’accès du bois gabonais, y compris des essences tropicales à forte valeur ajoutée, très recherchées dans la construction, le mobilier haut de gamme et l’industrie nautique.

S’agissant des produits halieutiques, la demande américaine est bien réelle, mais elle est largement captée par les pays asiatiques, mieux organisés et plus compétitifs. Une stratégie axée sur la transformation locale, la certification sanitaire et l’exportation directe permettrait pourtant au Gabon de capter davantage de valeur ajoutée et d’améliorer sa balance commerciale.

En définitive, sans politiques publiques structurantes, sans investissements dans la transformation locale et sans mise à niveau des normes, les bénéfices de l’AGOA pour le Gabon resteront limités, voire symboliques.