Blanchiment d’argent : le Gabon parmi les pays les plus à risque selon l’indice de Bâle 2025



2025-12-15 15:25:00

Le Gabon figure en 8ᵉ position mondiale et 4ᵉ en Afrique parmi les pays les plus vulnérables au blanchiment d’argent et à la criminalité financière en 2025.



 Un classement alarmant révélé par le « Basel Anti-Money Laundering Index », qui met en lumière les fragilités structurelles du dispositif national de lutte contre les flux financiers illicites. 

Le constat est préoccupant pour la gouvernance financière du Gabon. Selon le « Basel Anti-Money Laundering Index 2025 », publié le 8 décembre par l’Institut de Bâle pour la gouvernance, le pays occupe la 8ᵉ place mondiale et la 4ᵉ en Afrique parmi les États les plus exposés aux risques de blanchiment d’argent et de criminalité financière.

Cet indice international de référence évalue la vulnérabilité de 177 pays à partir de 17 indicateurs combinant données institutionnelles, juridiques, économiques et sécuritaires. Il s’appuie notamment sur les analyses du Groupe d’action financière (GAFI), de Transparency International et de la Banque mondiale. Plus le score est élevé, plus le pays est considéré comme à risque.

Pour le Gabon, ce classement traduit des insuffisances persistantes dans la prévention, la détection et la répression des flux financiers illicites. Il met en cause, entre autres, l’efficacité du cadre réglementaire, la capacité des institutions de contrôle, la transparence de la vie économique ainsi que la lutte contre la corruption. Autant de facteurs qui fragilisent la crédibilité financière du pays sur la scène internationale.

Cette situation n’est pas sans conséquences. Une exposition élevée au blanchiment d’argent peut affecter l’attractivité du pays pour les investisseurs, renforcer la méfiance des partenaires financiers et compliquer l’accès aux financements internationaux. Elle peut également alimenter l’économie informelle et affaiblir durablement l’État de droit.

Face à ces défis, les experts soulignent la nécessité pour les autorités gabonaises de renforcer les mécanismes de conformité, d’améliorer la coopération entre les institutions concernées et d’appliquer plus rigoureusement les recommandations du GAFI. La modernisation des outils de surveillance financière, la formation des acteurs clés et la volonté politique apparaissent comme des leviers indispensables pour inverser la tendance.

Dans un contexte de transition institutionnelle et de réformes annoncées, ce classement constitue un signal d’alerte. Il rappelle l’urgence pour le Gabon d’inscrire la lutte contre la criminalité financière au cœur de sa stratégie de gouvernance, afin de restaurer la confiance et de sécuriser son développement économique.