Crise éducative : Libama et Ndong Edzo sous mandat de dépôt



2026-01-22 09:43:00

Alors que le secteur éducatif gabonais reste paralysé par une grève prolongée, deux figures syndicales ont été incarcérées, cristallisant les tensions entre autorités et acteurs sociaux et posant de nouvelles interrogations sur l’apaisement du conflit.



La grève qui perturbe depuis plusieurs semaines le système éducatif gabonais a pris, ce mercredi 21 janvier 2026, une tournure judiciaire avec l’incarcération de deux leaders syndicaux. Marcel Libama, porte-parole du mouvement SOS Éducation, et Simon Ndong Edzo, cadre du Syndicat autonome des enseignants du Gabon (SAEG), ont été placés sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville. Les interpellations ont été effectuées par la Direction générale des Recherches (DGR) les 19 et 20 janvier : Libama a été appréhendé à l’aéroport de Libreville alors qu’il s’apprêtait à se rendre à Port-Gentil, tandis que Ndong Edzo a été arrêté à son domicile.

Déférés devant le procureur de la République, les deux hommes ont été inculpés pour troubles à l’ordre public, leur jugement étant attendu dans un délai d’un mois, selon une source judiciaire proche du dossier. Ces arrestations interviennent alors que le mouvement de grève impacte durablement l’ensemble des établissements scolaires, cristallisant la tension entre les revendications syndicales et la volonté de l’État de faire respecter la loi. Les syndicats dénoncent une volonté de museler l’action syndicale, estimant que ces mesures judiciaires constituent une escalade répressive qui pourrait fragiliser davantage le dialogue social.

À l’inverse, les autorités invoquent la nécessité de préserver l’ordre public et de protéger la continuité des services éducatifs, faisant valoir que la liberté syndicale ne saurait se traduire par des entraves au droit au travail et à l’accès aux écoles. Dans ce contexte, l’emprisonnement de ces figures syndicales soulève la question de l’équilibre entre fermeté et dialogue, et interroge sur les moyens de sortir durablement de la crise sans radicalisation des positions.