Délinquance juvénile : quand l’amour familial frôle la complicité



2025-11-03 10:41:00

Au Gabon, l’amour des parents pour leurs enfants peut parfois entrer en conflit avec la loi. Lorsque des mineurs commettent des délits ou des crimes, certains parents, dans le désir de protéger leur progéniture, peuvent entraver les enquêtes, cacher des preuves ou offrir un refuge. Si ces gestes naissent de l’affection ou de la loyauté, la justice considère qu’ils peuvent basculer dans la complicité pénale, rappelant que la protection familiale ne peut justifier la violation de la loi.



Le cadre légal gabonais est clair : la responsabilité pénale est personnelle. L’article 22 du Code pénal stipule que « nul n’est responsable pénalement que de son propre fait ». Ainsi, un parent ne peut être condamné pour un crime commis par son enfant, sauf s’il a participé directement ou apporté une aide déterminante. Dès l’âge de 13 ans, certains actes graves commis par les mineurs sont punissables, et l’intervention parentale illégale dans ces affaires peut être interprétée comme un soutien au délit, ouvrant la voie à des poursuites pour complicité.

Dans la pratique, cette situation soulève un dilemme social et moral. Entre la peur du regard des autres, la honte, ou le simple instinct de protection, des parents peuvent être tentés de soustraire leur enfant à la justice, parfois en le déplaçant dans une autre région ou en mentant aux enquêteurs. Mais la loi gabonaise rappelle que l’égalité devant la justice prime sur les liens familiaux, et que la loyauté parentale ne saurait devenir un bouclier contre la sanction légale. La société se trouve ainsi confrontée à un équilibre délicat entre protéger la cellule familiale et garantir l’application équitable de la loi pour tous.