Disparition inquiétante à Nzeng-Ayong : l’ombre du cas Rinaldi plane à nouveau avec le cas Loko Pascal Cameron
2025-12-22 10:09:00
La disparition du jeune Loko Pascal Cameron, 13 ans, plonge les Gabonais dans l’angoisse et ravive un traumatisme encore béant : celui des enlèvements d’enfants jamais élucidés. Entre émotion populaire, mobilisation numérique et silence judiciaire, une question obsède désormais l’opinion : fugue ou kidnapping de plus ?
Libreville retient son souffle. Depuis le 18 décembre dernier, Loko Pascal Camerone, 13 ans, est introuvable. Selon ses proches, l’adolescent aurait quitté le domicile familial vers 19 heures pour se rendre chez un boutiquier du quartier Nzeng-Ayong, derrière l’Hôtel de la CAN. Un trajet banal, presque routinier, dont il n’est jamais revenu. Depuis, plus aucun signe de vie, aucune piste officielle rendue publique. Cette disparition soudaine, dans un quartier densément peuplé de la capitale, alimente les inquiétudes et laisse place à toutes les hypothèses, de la fugue à l’acte criminel.
L’émotion a pris une ampleur nationale après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo bouleversante de la mère de l’enfant, filmée alors qu’elle se rendait pour signaler la disparition. En quelques heures, la séquence a déclenché une vague de solidarité numérique : partages massifs, messages de soutien, appels à témoins, mais aussi colère sourde. Beaucoup de Gabonais dénoncent l’impression de déjà-vu, le sentiment d’impuissance et l’absence de communication claire des autorités judiciaires. À ce stade, aucune information officielle n’a filtré sur l’état de l’enquête, nourrissant un climat de suspicion et d’angoisse collective.
Car dans les mémoires, un nom revient avec insistance : Rinaldi. Kidnappé en 2020, son cas avait bouleversé le pays avant de sombrer dans un silence judiciaire pesant. Malgré quelques interpellations annoncées à l’époque, aucune élucidation probante n’a jamais été rendue publique. Pour l’opinion, la disparition de Loko Pascal Camerone ravive cette plaie ouverte et pose une question centrale : le Gabon est-il suffisamment armé pour prévenir, enquêter et résoudre les disparitions d’enfants ? Au-delà de l’émotion, c’est désormais une exigence de vérité, de célérité et de transparence qui s’impose aux autorités, afin que l’histoire ne se répète pas dans l’indifférence.