Fin de l’hémorragie financière : l’État prévoit une économie de 8,3 milliards FCFA en baux administratifs



2025-12-05 10:47:00

Le dernier audit des engagements locatifs de l’État, présenté en Conseil des ministres, révèle des anomalies massives et des gaspillages budgétaires évalués à plusieurs milliards. Le gouvernement lance une opération de correction immédiate, avec une économie potentielle estimée à 8,3 milliards FCFA par an.



L’État gabonais a engagé une vaste opération d’assainissement de ses dépenses locatives, dont les résultats ont été présentés lors du Conseil des ministres du 4 décembre 2025. L’audit, portant sur 91 baux dont le coût mensuel dépasse 500 000 FCFA, fait apparaître un engagement annuel total de 24,66 milliards FCFA. Les conclusions sont sans appel : une part importante de ces dépenses ne correspond pas à un usage réel ou justifié des bâtiments concernés.

Parmi les irrégularités relevées, vingt-quatre baux portent sur des bâtiments inoccupés et souvent vétustes, générant à eux seuls un coût inutile de 2,29 milliards FCFA par an. À cela s’ajoutent soixante-sept contrats présentant des défauts de paiement de taxes, occasionnant un manque à gagner de plus de 3,05 milliards FCFA pour le Trésor public. Ces anomalies illustrent la nécessité d’un contrôle renforcé des engagements locatifs de l’État et d’une gestion rigoureuse du patrimoine immobilier public.

Face à ces dérives, le gouvernement a décidé de mettre en œuvre des mesures correctives immédiates. Celles-ci incluent la résiliation ou la renégociation des baux problématiques, la régularisation des manquements fiscaux ainsi que le recouvrement des montants dus. Ces actions devraient permettre de réduire significativement le gaspillage des ressources publiques et d’améliorer l’efficacité de la dépense.

L’économie annuelle potentielle résultant de cette opération est évaluée à 8,324 milliards FCFA, un montant qui représente une marge de manœuvre budgétaire importante dans un contexte où le pays s’efforce de restaurer ses finances publiques. Le Conseil recommande par ailleurs d’étendre l’audit à l’ensemble du territoire national, afin d’assurer une maîtrise globale des dépenses locatives.

Cette démarche s’inscrit dans la vision du Chef de l’État, qui multiplie les actions visant à assainir les finances publiques, moderniser la gestion de l’État et mettre fin aux pratiques qui fragilisent la crédibilité de l’administration. La rationalisation des baux administratifs constitue un jalon essentiel dans ce processus de restauration de la discipline budgétaire.