Gabon, premier buveur d’Afrique centrale : Quand la consommation d’alcool devient un défi de santé publique
2025-10-08 10:07:00
Selon un rapport récent de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Gabon occupe la première place en Afrique centrale pour la consommation d’alcool, avec une moyenne de 9,1 litres par habitant et par an. Un constat alarmant qui soulève des inquiétudes sur les plans sanitaire, social et économique.
Le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), relayé en septembre par le média togolais Nouvelles d’Afrique, dresse un tableau préoccupant de la consommation d’alcool sur le continent africain. Avec une moyenne de 9,1 litres d’alcool pur consommés par habitant chaque année, le Gabon arrive en tête du classement en Afrique centrale. Cette statistique, bien au-dessus de la moyenne régionale, met en lumière un problème de santé publique largement sous-estimé.
L’OMS rappelle qu’aucune consommation d’alcool n’est sans danger. L’abus de boissons alcoolisées expose à des risques graves tels que les maladies chroniques du foie, le diabète, ou encore l’alcoolisme. Mais au-delà des pathologies physiques, les effets psychologiques et sociaux sont tout aussi préoccupants : violences domestiques, accidents de la route, perte de productivité et marginalisation sociale. Au Gabon, ces conséquences s’additionnent dans un contexte déjà marqué par des vulnérabilités économiques et un manque de structures spécialisées dans la prise en charge des addictions.
La tendance observée au Gabon s’inscrit dans un mouvement plus large à l’échelle du continent. Le pays est suivi de près par le Cameroun (9 litres par habitant), le Nigeria (8,9 litres) et l’Ouganda (8,33 litres), tandis que l’Afrique du Sud, pourtant grande productrice de vin et de bière, arrive cinquième avec 7,77 litres. Ces chiffres traduisent une popularité croissante des boissons alcoolisées, alimentée par la disponibilité des produits bon marché, la publicité agressive et la normalisation sociale de la consommation.
Pourtant, certains pays montrent une résistance à cette tendance. Djibouti (1,13 litre), le Bénin et la Tunisie (1,18 litre chacun) figurent parmi les plus sobres, preuve que les politiques publiques, les traditions religieuses et les régulations strictes peuvent freiner la consommation. Pour le Gabon, le constat de l’OMS sonne comme un signal d’alarme : sans une politique nationale de prévention et de sensibilisation, la banalisation de l’alcool pourrait devenir un fardeau durable pour la santé et la cohésion sociale du pays.