Éléphants de forêt : le Gabon, bastion mondial face à des menaces persistantes



2026-01-05 11:40:00

Avec près de 66 % de la population mondiale des éléphants de forêt, le Gabon s’impose comme un acteur clé de la conservation de cette espèce emblématique.



Toutefois, malgré les efforts engagés, le braconnage, la destruction des habitats naturels et les conflits entre les hommes et la faune continuent de mettre en péril l’avenir de ces pachydermes. 

Le Gabon est aujourd’hui reconnu comme le principal refuge mondial des éléphants de forêt. Selon les données des organisations de conservation, près de deux tiers de la population mondiale de cette espèce menacée vivent sur le territoire gabonais, notamment au sein des parcs nationaux et des vastes massifs forestiers du pays. Une responsabilité écologique majeure, à l’échelle du continent africain et du monde.

Cette position centrale est le fruit de choix politiques et environnementaux forts, notamment la création d’un réseau de parcs nationaux couvrant environ 11 % du territoire, le renforcement des dispositifs de lutte contre le braconnage et l’implication d’organisations nationales et internationales dans la protection de la biodiversité. Ces efforts ont permis de ralentir le déclin des populations d’éléphants observé ailleurs en Afrique.

Cependant, les menaces demeurent nombreuses et préoccupantes. Le braconnage, bien que contenu, n’a pas disparu. Alimenté par le trafic international d’ivoire, il continue de cibler les éléphants, en particulier dans les zones reculées et difficiles d’accès. À cela s’ajoute la perte progressive des habitats naturels, liée à l’exploitation forestière, à l’expansion agricole et aux projets d’infrastructures.

Les conflits homme-faune constituent également un défi croissant. À mesure que les activités humaines se rapprochent des espaces naturels, les éléphants entrent de plus en plus souvent en contact avec les populations rurales, provoquant des destructions de cultures, des tensions sociales et parfois des drames humains. Une situation qui complique l’acceptation locale des politiques de conservation.

Face à ces enjeux, les autorités gabonaises et leurs partenaires sont appelés à renforcer les stratégies de coexistence entre les communautés et la faune sauvage, à investir dans la surveillance technologique et à promouvoir des alternatives économiques durables pour les populations riveraines. Car préserver les éléphants de forêt, au-delà de l’enjeu environnemental, c’est aussi défendre un patrimoine naturel stratégique pour l’image, l’écotourisme et l’avenir écologique du Gabon.