Non-assistance à personne en danger : jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 1 million d'amende



2025-11-03 10:38:00

Au Gabon, la loi ne se contente pas de sanctionner les actes de violence : elle réprime aussi l’inaction face à une personne en danger. L’article 158 du Code pénal stipule clairement que quiconque, pouvant empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité corporelle d’autrui, s’abstient volontairement de le faire commet une infraction punie jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et une amende d’un million de FCFA. Cette législation traduit l’impératif du devoir de fraternité, étendu à chaque citoyen, bien au-delà des liens familiaux ou amicaux.



Pourtant, la réalité sociale semble s’éloigner de cet idéal. Plutôt que d’intervenir ou d’alerter les secours, nombreux sont ceux qui filment les victimes pour les réseaux sociaux, transformant la détresse en spectacle et exposant la victime à une atteinte grave à sa dignité et à son intimité. Marguerite Otse, citoyenne gabonaise, résume ce phénomène : « Allumer la caméra pour des vues ou l’exclusivité, même si notre semblable est en détresse, est devenu récurrent ». Ce comportement illustre une dérive morale et constitue une violation flagrante du devoir légal de solidarité.

Le droit gabonais rappelle que le civisme se mesure par l’action, pas par le clic. Chaque citoyen n’a pas besoin d’être un héros, mais doit agir lorsqu’une vie est en jeu, que ce soit en appelant les secours, en se rapprochant des autorités compétentes, ou en portant assistance sans danger pour soi. La compassion devient ainsi une obligation légale, et la société un rempart contre l’indifférence, réaffirmant que la vie humaine prime sur l’individualisme et la curiosité numérique.