Okala, Lac-Bleu, Diba-Diba : Les engins de démolition en action ce mercredi 4 novembre



2026-11-04 16:39:00

Entre départs précipités, indemnisations inégalement perçues et familles contraintes de quitter leurs habitations parfois occupées depuis plusieurs décennies, les opérations de démolition ont débuté ce mercredi 4 novembre dans plusieurs quartiers du Grand Libreville. À Akanda, où les premières destructions sont engagées, la circulation est déjà fortement perturbée, avec d’importants embouteillages à l’entrée de la commune.



Le compte à rebours est arrivé à son terme pour les habitants concernés par les opérations de déguerpissement à Okala, Lac-Bleu et Diba-Diba. Après plusieurs décennies passées dans leurs maisons, certains résidents ont dû se résoudre à abandonner leurs lieux de vie en quelques jours seulement. La veille du début des démolitions, plusieurs familles s’activaient encore à démonter elles-mêmes leurs habitations afin de récupérer tôles, portes, fenêtres et autres matériaux pouvant être réutilisés. Une scène particulièrement éprouvante pour ces populations, contraintes de tourner la page d’une vie construite au fil des années.


Sur le terrain, les conditions de départ restent toutefois très contrastées. Au Lac-Bleu, plusieurs habitants affirment n’avoir toujours pas reçu leurs indemnisations et dénoncent un délai insuffisant pour organiser leur relogement. Certains se retrouvent dans l’incertitude quant à leur destination, tandis que d’autres envisagent de solliciter l’aide de proches ou de contracter des emprunts pour financer leur déménagement. À Okala, en revanche, certains propriétaires rencontrés indiquent avoir déjà perçu leurs chèques, accompagnés, pour certains, de compensations foncières. Une responsable de collectif évoque également une seconde phase de paiement et des terrains en cours de viabilisation, tout en regrettant le manque de temps accordé aux familles pour préparer leur départ.


Au-delà des habitations, les opérations concernent également des infrastructures communautaires. À Okala, le dispensaire est en cours de démantèlement, tandis que la mosquée située en face, également comprise dans le périmètre du projet, attend sa démolition. Au moment du passage des reporters, les fidèles musulmans procédaient au rangement des tapis, dans une atmosphère chargée d’émotion. Désormais, avec le lancement effectif des casses et les premiers embouteillages monstres signalés à l’entrée d’Akanda, les conséquences de ces opérations se font déjà sentir sur le quotidien des habitants et des usagers de la route. Entre impératifs d’aménagement et nécessité d’un accompagnement social adapté, la question des conditions de déguerpissement reste au cœur des préoccupations.