Pétrole : la grève menace l’économie gabonaise



2026-01-17 14:25:00

L’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) menace de paralyser la production pétrolière du Gabon à compter du 31 janvier 2026 à minuit.



En cause : le silence persistant des compagnies pétrolières face à des revendications sociales restées sans réponse depuis près de trois ans. Une telle décision ferait peser de lourds risques sur l’économie nationale et la stabilité sociale. 

Le secteur pétrolier gabonais pourrait entrer dans une zone de turbulence majeure. Dans un ultimatum adressé aux dirigeants de toutes les compagnies pétrolières opérant dans le pays, l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) a annoncé son intention d’arrêter la production nationale à compter du 31 janvier 2026 à 23h59, faute de réponse satisfaisante à ses revendications sociales.

Dans une correspondance ferme, le syndicat dénonce l’attitude des employeurs, qu’il accuse de mépriser les préoccupations de leurs salariés. « Cette attitude, qui traduit votre volonté de compromettre la paix sociale dans le secteur pétrolier et activités connexes, nous oblige à vous fixer un ultimatum », écrit l’ONEP à l’endroit des majors pétrolières comme des sociétés de prestations opérant au Gabon.

Selon l’organisation syndicale, les préavis de grève à l’origine de cet ultimatum remontent à près de trois ans. Durant cette période, affirme-t-elle, les entreprises concernées auraient systématiquement ignoré les alertes et revendications formulées par le personnel, contribuant à une dégradation progressive du climat social dans un secteur pourtant stratégique pour l’économie nationale.

Si la menace venait à être mise à exécution, les conséquences pourraient être lourdes. Le pétrole demeure l’un des principaux pourvoyeurs de recettes budgétaires et de devises pour l’État gabonais. Une interruption, même temporaire, de la production affecterait les exportations, fragiliserait les finances publiques et pourrait avoir des répercussions sur le financement des politiques sociales et des investissements publics.

Au-delà de l’impact macroéconomique, une grève générale dans le secteur pétrolier exposerait également des milliers d’emplois directs et indirects, tout en accentuant les tensions sociales. Elle risquerait par ailleurs de nuire à l’attractivité du Gabon auprès des investisseurs étrangers, dans un contexte régional et international déjà marqué par une forte concurrence pour les capitaux et une volatilité des marchés énergétiques.

Face à ces enjeux, l’ultimatum de l’ONEP place désormais les compagnies pétrolières et les autorités publiques devant leurs responsabilités. À quelques jours de l’échéance, l’ouverture d’un dialogue social apparaît comme la seule voie susceptible d’éviter une paralysie du secteur et de préserver la stabilité économique et sociale du pays.