Plan FAST : l’Etat et les banques pour des résultats économiques



2026-01-17 14:32:00

En réunissant les institutions financières autour du Plan FAST, le président Brice Clotaire Oligui Nguema pose les bases d’un partenariat stratégique visant à transformer les priorités publiques en résultats économiques tangibles.



Financement des projets structurants, relance du crédit et soutien aux PME figurent au cœur des attentes. 

Le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu le vendredi 16 janvier 2025 à Libreville les représentants des institutions financières opérant au Gabon, dans une rencontre placée sous le signe de la mobilisation économique. Conduite par le président de l’Association professionnelle des établissements de crédit (APEC), Dimitri Kevin Ndjebi, cette audience a permis de baliser la feuille de route du Plan FAST, présenté comme l’ossature de la transformation économique nationale.

Dans un contexte de transition marqué par de fortes attentes sociales et des marges budgétaires limitées, le chef de l’État a détaillé aux banquiers les grandes orientations de ce plan stratégique, dont l’acronyme renvoie à quatre priorités : Financer les projets de l’État, Accompagner et conseiller, Soutenir les politiques publiques et Transformer l’économie. L’ambition affichée est claire : faire du système bancaire un levier central pour accélérer la mise en œuvre des politiques publiques et générer une croissance plus inclusive.

Les secteurs jugés prioritaires ont été clairement identifiés. Il s’agit notamment de l’eau, des infrastructures, de la santé, du logement et de l’éducation, autant de domaines à fort impact économique et social. À travers le financement de ces projets structurants, l’exécutif entend améliorer durablement les conditions de vie des populations tout en stimulant l’activité économique et l’emploi. « Le rôle du secteur bancaire est central pour transformer ces orientations politiques en résultats concrets pour les Gabonais », a souligné le Président de la République.

De leur côté, les établissements de crédit ont affiché leur disponibilité à accompagner cette dynamique. Par la voix de leur président, ils ont réaffirmé leur volonté de soutenir les programmes de logement, l’accès aux services essentiels et la diversification de l’économie. Le financement des petites et moyennes entreprises a été présenté comme un axe majeur, susceptible de renforcer la résilience du tissu économique, de réduire le chômage et de limiter la dépendance du pays aux chocs extérieurs.

Cet engagement s’est toutefois accompagné de réserves. Les banques ont attiré l’attention des autorités sur plusieurs fragilités structurelles, notamment la domiciliation effective des recettes d’exportation, les difficultés de recouvrement des créances en souffrance et la sécurisation des dépôts bancaires face aux saisies jugées excessives. Des contraintes qui, selon les professionnels du secteur, affectent la liquidité bancaire et freinent la capacité de financement de l’économie.

En réponse, Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé la volonté de l’État d’accélérer le règlement de la dette intérieure, notamment à travers le mécanisme du « Club de Libreville ». Cette démarche vise à assainir les relations financières entre l’État et les entreprises locales, restaurer la confiance et relancer l’investissement privé, condition essentielle à une reprise durable du crédit.

Au-delà du cadre institutionnel, cette rencontre consacre surtout une convergence stratégique entre l’exécutif et le secteur bancaire. Le succès du Plan FAST dépendra désormais de sa capacité à se traduire en projets effectivement financés, exécutés et visibles. Dans un pays confronté à une urgence sociale persistante, les résultats économiques attendus seront jugés à l’aune de leur impact réel sur la croissance, l’emploi et le pouvoir d’achat des Gabonais.