« Prime de la honte » : le ministère de l’Éducation nationale s’explique sur les paiements controversés des enseignants
2026-01-09 10:11:00
Face à la colère des enseignants, qui dénoncent sur les réseaux sociaux des montants jugés dérisoires, le Secrétariat général du ministère de l’Éducation nationale est sorti du silence le 9 janvier 2025 pour apporter des clarifications sur le processus de paiement des vacations.
Le ministère reconnaît que des sommes très faibles ont effectivement été perçues par certains enseignants, alimentant une vague d’indignation qualifiée de « prime de la honte ». Toutefois, l’administration précise que ces montants ne représentent pas la totalité des sommes dues.
Selon le communiqué officiel, les paiements sont effectués de manière progressive et par activité distincte. Ainsi, un bon de caisse perçu le 7 janvier 2025 ne correspond, dans bien des cas, qu’à une seule tâche spécifique, notamment l’harmonisation.
Or, conformément à la grille tarifaire fixée par l’arrêté n°057 de 2015 — toujours en vigueur — l’harmonisation est rémunérée à 1 800 FCFA par séance. Ce mode de paiement fractionné (un bon pour l’harmonisation, un autre pour la correction, puis la délibération) explique donc la faiblesse des montants isolés qui circulent actuellement.
Pour rappel, les vacations sont calculées selon le barème suivant :
-
Harmonisation : 1 800 FCFA par séance
-
Correction : 1 700 FCFA par copie
-
Délibération : 5 000 FCFA par séance
Les autorités indiquent par ailleurs que les sommes versées le 7 janvier constituent une première tranche, représentant environ 50 % du montant total dû pour certaines épreuves, notamment le Baccalauréat.
Le ministère assure que l’intégralité des montants sera effectivement réglée et appelle la communauté éducative à l’apaisement et à la reprise des cours.
Reste toutefois une interrogation majeure : cette clarification technique suffira-t-elle à calmer la grogne, alors que les enseignants réclament depuis plusieurs années une revalorisation de taux inchangés depuis plus d’une décennie, jugés désormais en total décalage avec le coût de la vie ?