Procès Bongo-Valentin : 48 milliards FCFA du Trésor public siphonnés et transférés vers des comptes privés liés aux entreprises de Noureddin Bongo-Valentin.
2025-11-11 15:52:00
Le Palais de justice de Libreville a été le théâtre, ce lundi 10 novembre 2025, d’un événement judiciaire sans précédent : l’ouverture du procès de Sylvia Bongo Ondimba, Noureddin Bongo Valentin et plusieurs de leurs complices présumés, dans une affaire mêlant blanchiment de capitaux, corruption, détournement de fonds publics, usurpation de titres et association de malfaiteurs.
Sur les 45 accusés prévus, 12 ont été présentés pour cette première audience. Parmi eux, 9 étaient présents, tandis que 3 étaient absents, dont Sylvia et Noureddin Bongo ainsi que Mohamed Ali Saliou, ce dernier étant empêché pour raisons de santé. L’absence des principaux mis en cause a provoqué une suspension momentanée de l’audience, suivie d’un débat juridique sur l’incompétence alléguée du juge chargé du dossier, soulevée par les avocats de Mohamed Ali Saliou.
L’ouverture du procès s’est déroulée dans une atmosphère solennelle et tendue. Les forces de l’ordre, massivement déployées, ont encadré l’accès au palais de justice, où de nombreux citoyens, journalistes et observateurs sont venus assister à ce moment historique, symbole de la volonté de l’État gabonais de mettre fin à l’impunité pour les élites.
Les accusations portées contre les Bongo-Valentin et leurs associés révèlent l’ampleur et la sophistication d’un système de fraude et de détournement organisé. Les investigations menées par le Trésor public, ont mis en lumière des biens et avoirs sans aucune justification légale, dont l’accumulation dépasse largement les revenus légitimes d’un citoyen gabonais moyen. Plusieurs cabinets privés ont également été impliqués dans la création d’entreprises fictives et la cession opaque de sociétés générant plusieurs millions de FCFA, orchestrées par Sylvia Bongo et son fils Noureddin pour centraliser des flux financiers douteux.
Parmi les révélations majeures de la première journée :
Transferts massifs de fonds publics : plus de 48 milliards FCFA auraient été transférés depuis le Trésor public vers des comptes privés liés aux entreprises de Noureddin Bongo-Valentin. Ces mouvements financiers ont été mis au jour lors de perquisitions et montrent une manipulation directe de fonds publics à des fins personnelles, sans aucun contrôle ni justification.
Le “Ruban Vert” comme outil de blanchiment : l’école internationale fondée par Sylvia Bongo aurait vu son capital passer de 500 millions à 8 milliards de FCFA, sans explications claires. Les auditeurs et experts financiers présents à l’audience ont souligné la nature suspecte de cette progression, qui suggère des opérations de détournement dissimulées derrière des activités éducatives.
Patrimoine foncier et immobilier secret : selon Mme Ndong Léa, ancienne cheffe de cabinet de Sylvia Bongo, cette dernière possédait plus de 25 sociétés civiles immobilières (SCI) détenant 33 titres fonciers. Ce patrimoine engloberait de nombreux biens immobiliers de grande valeur, illustrant l’ampleur des avoirs accumulés par la famille sur le territoire national et à l’étranger.
L’audience a également été marquée par une marche de protestation organisée par des citoyens, dénonçant l’absence du clan Bongo et exprimant une exigence de justice et de transparence.
Ce procès, inédit dans l’histoire du Gabon, ne se limite pas à une affaire familiale : il constitue un symbole fort pour la République, qui entend établir que la loi s’applique à tous, y compris aux anciens dirigeants et à leurs proches. La suite des audiences promet de dévoiler les circuits financiers, les complicités et les mécanismes utilisés pour détourner les ressources publiques, et pourrait bien transformer profondément la perception de la gouvernance et de la redevabilité dans le pays.
Les observateurs et citoyens gabonais attendent désormais des actes concrets et des décisions judiciaires qui éclaireront les zones d’ombre du système Bongo-Valentin, tandis que la communauté internationale suit de près ce procès emblématique.