Quotas journaliers des patients dans les hôpitaux publics : un véritable danger
2026-01-13 12:55:00
Dans plusieurs hôpitaux publics du Gabon, notamment à Libreville, de nombreux patients se voient quotidiennement refuser l’accès aux consultations médicales au motif d’un « quota journalier atteint ». Une situation préoccupante qui conduit des personnes souffrantes à regagner leur domicile sans diagnostic ni prise en charge, avec parfois pour conséquence une aggravation de leur état de santé ou un profond sentiment d’injustice. Ce phénomène, observé dans un contexte de forte affluence liée à la précarité financière d’une large partie de la population, pose de sérieuses questions sur l’organisation du service public hospitalier et le professionnalisme de certains agents sanitaires.
Les témoignages recueillis sur le terrain sont éloquents. « On arrive tôt le matin, on nous dit que le médecin n’est pas encore là. Il finit par arriver vers 11 heures et ne reçoit qu’une dizaine de patients avant de disparaître. Ensuite, on apprend qu’il consulte ailleurs, dans des cliniques privées », confie Madame Antoinette, venue pour des démangeaisons persistantes, mais renvoyée sans avoir été auscultée. Plus loin, une jeune mère, contrainte de faire demi-tour avec sa fille de deux ans souffrant d’une allergie aiguë, raconte son impuissance face à l’absence de pédiatre disponible ce jour-là. Ces scènes, loin d’être isolées, traduisent un malaise profond dans la gestion quotidienne des structures hospitalières publiques.
Pourtant, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un médecin généraliste peut raisonnablement prendre en charge entre 20 et 25 patients par jour tout en maintenant une qualité de soins optimale, avec des consultations d’environ 17 à 18 minutes chacune. Dans ce contexte, la limitation arbitraire à une dizaine de patients par praticien apparaît difficilement justifiable. Il devient urgent que les autorités sanitaires s’attaquent à cette pratique aux conséquences humaines lourdes, en renforçant le nombre de structures d’accueil, en améliorant la répartition du personnel médical et en instaurant un véritable système de médecins d’astreinte. À défaut, le quota journalier continuera de constituer un danger réel pour la santé publique et un facteur de perte de confiance des populations envers le système de soins.