Révélations d’Alphonse Ndongo : ce qui a poussé le FMI à exiger un sommet extraordinaire de la CEMAC
2026-01-17 11:23:00
Dans une analyse sans détour, le journaliste économique Alphonse Ndongo lève le voile sur les dérives macroéconomiques qui ont conduit à la convocation d’un sommet extraordinaire de la CEMAC à Brazzaville.
La situation macroéconomique de la CEMAC, marquée par le
non-respect des normes de convergence communautaire, suscite de vives
inquiétudes auprès des institutions de Bretton-Woods, notamment la Banque
mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).
Selon les révélations du journaliste économique et financier
Alphonse Ndongo, ces dérives ont conduit le président de la République du Congo
et président en exercice de la CEMAC, Denis Sassou N’Guesso, à convoquer un
sommet extraordinaire, prévu le jeudi 22 janvier 2026 à Brazzaville, précédé
d’une réunion ministérielle le 21 janvier.
Il convient de rappeler que les réformes économiques,
réitérées lors des sommets extraordinaires de Yaoundé en 2019 et 2024, et
recommandées par le FMI ainsi que par la France – qui préfère s’en remettre au
Fonds – progressent lentement dans cinq États membres.
« Seul, confie un expert proche du dossier, un pays de la
zone essaie autant que faire se peut de s’y conformer ».
Les inquiétudes sont particulièrement vives concernant la
Guinée équatoriale, qui affiche une baisse de 8 % de son budget pour l’exercice
2026, et le Tchad, avec un recul de 6 %. Le Congo et le Gabon demeurent quant à
eux les « moutons noirs » en matière d’endettement, avec des ratios dépassant
70 % du PIB, bien au-delà des normes communautaires.
Le niveau d’endettement du Congo sur le marché des titres de
la BEAC est jugé très élevé, tout comme ses dettes bancaires. L’État impose
quasi obligatoirement aux établissements bancaires de participer au paiement
des salaires des fonctionnaires. Une banque, réclamant plusieurs centaines de
milliards de FCFA à l’État, se retrouve aujourd’hui sous forte pression. Une
mission de la COBAC est d’ailleurs présente à Brazzaville depuis près d’un
mois.
Accentuation de l’érosion des devises
Autre facteur aggravant, l’érosion des réserves de change
est accentuée par l’achat massif de « goodies » de campagne en Chine par
plusieurs présidents candidats (Gabon, Tchad, Cameroun, République
centrafricaine et Congo). Cette pratique entraîne un non-respect des mesures
restrictives sur l’utilisation des devises, pourtant essentielles au soutien
des importations et à la convertibilité du franc CFA dans le compte
d’opérations logé au Trésor français.
Selon les projections de la BEAC et du FMI à fin 2025/début
2026, la CEMAC devrait maintenir une couverture des importations supérieure à 4
mois, avec une estimation d’environ 4,25 mois à fin 2025.
Dans ce contexte tendu, le sommet extraordinaire de
Brazzaville apparaît comme un ultime rappel à l’ordre. À défaut d’actions
décisives, les conséquences pourraient être lourdes pour la stabilité
financière de la sous-région.