Soupçons de détournement au ministère du Tourisme : Pascal Ogowé Siffon interpellé par le B2
2025-12-17 09:44:00
L’ancien ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Pascal Ogowé Siffon, a été interpellé ce mardi 16 décembre 2025 par la Direction générale des contre-ingérences et de la sécurité militaire (DGCISM), communément appelée « B2 ». Cette interpellation survient moins de vingt-quatre heures après sa démission du gouvernement, consécutive à son élection au Sénat, et jette une lumière crue sur la gestion des fonds publics alloués au secteur touristique durant la transition.
Selon des informations relayées par le média en ligne ACN, l’ancien membre du gouvernement aurait été intercepté entre la Présidence de la République et son domicile, situé dans le nord de Libreville, avant d’être conduit par les services de sécurité pour les besoins de l’enquête. Le timing de cette opération, immédiatement après sa sortie de l’Exécutif, confère à l’affaire une dimension particulièrement sensible, dans un contexte où les autorités affichent leur volonté de rompre avec toute forme d’impunité dans la gestion des deniers publics.
Au cœur du dossier figurent des soupçons d’irrégularités financières portant sur un montant estimé à plus de 10 milliards de francs CFA. Ces fonds, destinés à la relance et au rayonnement du secteur touristique, proviendraient notamment de ressources publiques, de dividendes liés à des établissements hôteliers réquisitionnés par l’État, ainsi que de provisions pour investissements diversifiés (PID) et pour investissements dans les hydrocarbures (PIH). D’après des sources proches de l’enquête, une partie de ces ressources aurait été mobilisée sans traduction concrète en projets structurants, alimentant les soupçons de détournement.
Cette interpellation s’inscrit dans la continuité d’une affaire déjà marquée par plusieurs rebondissements. Avant sa récente démission, Pascal Ogowé Siffon avait déjà fait l’objet d’une interpellation suivie d’une assignation à résidence surveillée, justifiée à l’époque par un risque de fuite. Désormais, avec son départ du gouvernement, le dossier entre dans une phase pleinement judiciaire. Les investigations se poursuivent, tandis que les autorités annoncent des clarifications prochaines sur une affaire qui pourrait devenir emblématique de la nouvelle doctrine de reddition des comptes affichée par le pouvoir.