Fiscalité verte : comment le Gabon structure sa première contribution carbone de 10 milliards FCFA dès 2026



2026-02-06 10:31:00

Intégrée au projet de budget 2026, la future contribution carbone marque une étape importante dans l’évolution du cadre fiscal gabonais. Avec un objectif de 10 milliards FCFA de recettes, l’État amorce l’entrée du pays dans une fiscalité environnementale plus structurée, ciblant en priorité les secteurs à forte empreinte carbone.



La contribution carbone prévue dans le budget 2026 repose sur un tarif de 10 700 FCFA par tonne de CO₂. Son rendement attendu est estimé à 10 milliards FCFA, principalement issus des secteurs aérien et maritime, qui concentrent une part significative des émissions liées aux échanges internationaux du Gabon.

Le mécanisme retenu repose sur une clé de répartition attribuant 50 % de l’empreinte carbone au territoire gabonais pour les mouvements internationaux. Cette approche vise à concilier responsabilité nationale et réalité des flux transfrontaliers, tout en limitant les risques de double imposition carbone.

Sur le plan technique, la facturation sera centralisée et enregistrée dans un registre carbone souverain, placé sous la supervision de l’administration fiscale. Cette architecture implique un suivi précis des flux, des déclarations d’émissions et des paiements, nécessitant un renforcement des capacités administratives pour garantir l’efficacité du dispositif.

D’un point de vue budgétaire, cette contribution s’inscrit dans une logique de diversification des recettes publiques, en cohérence avec les engagements climatiques internationaux du Gabon. Son poids demeure toutefois limité à l’échelle macroéconomique, représentant moins de 0,3 % des recettes totales attendues en 2026.

Dans une économie fortement dépendante du transport aérien et maritime, l’impact de cette fiscalité sur les coûts logistiques constituera un indicateur clé de soutenabilité. Son articulation avec la stratégie aérienne nationale, notamment l’ambition de faire du Gabon un hub régional, sera déterminante pour son acceptabilité économique et sa pérennité.