Gabon–Guinée équatoriale : des retards de paiement fragilisent l’accord d’interconnexion électrique



2026-02-06 10:42:00

Moins d’un an après la mise en service de l’accord d’interconnexion électrique entre la Guinée équatoriale et le Gabon, des retards de paiement côté gabonais viennent rappeler les fragilités financières qui entourent la sécurisation de l’approvisionnement énergétique du pays.



Selon un communiqué du service de presse public de Malabo, la Guinée équatoriale a déjà perçu plus de 270 millions de francs CFA au titre de l’électricité fournie au Gabon via la Société nationale d’électricité de Guinée équatoriale (SEGESA). Toutefois, la garantie financière globale prévue dans le contrat, estimée à 623 millions FCFA, présente encore un solde impayé d’environ 235 millions FCFA.

Cette garantie contractuelle vise à sécuriser la transaction commerciale entre le fournisseur et l’acheteur. Un spécialiste cité par la communication officielle rappelle qu’elle constitue un mécanisme de protection contre les risques de défaut, sans pour autant exonérer l’acheteur du respect strict des échéances de paiement prévues au contrat.

L’accord d’interconnexion prévoit l’injection progressive de 10 mégawatts (MW) dans le réseau gabonais. À ce stade, seule la première phase est opérationnelle, avec l’acheminement de 3 MW vers la localité de Bitam et ses environs. Des volumes modestes, mais stratégiques pour des zones confrontées à des déficits énergétiques ponctuels.

Le recours à cette importation d’électricité s’inscrit dans un contexte de fortes tensions sur l’approvisionnement national. La Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) a fait face à des contraintes techniques et financières ayant entraîné des délestages récurrents, notamment à Libreville, poussant les autorités à diversifier rapidement les sources d’énergie.

En parallèle, un accord a été conclu avec la société turque Karpowership pour la fourniture de 70 MW via des centrales flottantes, pour un coût mensuel estimé à 1,8 milliard FCFA. Si les autorités évoquent des délais administratifs ou bancaires pour expliquer les retards observés, l’épisode illustre les défis de soutenabilité financière qui accompagnent la stratégie d’importation énergétique du Gabon.